jeudi 4 décembre 2014

Les cours du pétrole s'effondrent


Malgré une offre surabondante, les pays exportateurs de pétrole réunis au sein de l'Opep ont refusé de baisser leur plafond de production. Résultat : les cours de l'or noir ont plongé entraînant certaines devises et laissant craindre le risque d'une répercussion en Europe.
C'est un statu quo qui bouleverse les marchés. La décision de l'Opep de maintenir jeudi son objectif de production, malgré une offre surabondante, a entraîné une tempête : les cours de l'or noir ont plongé et tiré vers le fond les actions des compagnies pétrolières et les devises des pays producteurs. Le baril de Brent de la mer du Nord échangé à Londres a chuté jusqu'à 71,25 dollars, son plus bas depuis le 7 juillet 2010, perdant 6,5 dollars depuis la clôture de la veille. De son côté, le baril de "light sweet crude" (WTI) coté à New York est passé sous la barre symbolique des 70 dollars dans les échanges électroniques, atteignant même 67,75 dollars, un minimum depuis le 25 mai 2010.
Ces plongeons ont été précipités par la décision des ministres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) de maintenir à 30 millions de barils par jour (mbj) leur niveau de production pour les six prochains mois. Les membres du cartel s'étaient montrés divisés dans les semaines précédant la réunion, certains souhaitant ardemment une réduction du plafond de production de l'Opep pour freiner la chute des cours du brut tandis que d'autres, dont l'Arabie saoudite, préféraient laisser faire le marché.

La déflation inquiète la zone euro

La chute des cours a immédiatement provoqué celle des devises des pays producteurs fortement dépendants du pétrole. En Russie, l'un des deux premiers producteurs mondiaux, qui tire la moitié de ses rentrées budgétaires de l'or noir, le rouble a battu un record absolu de faiblesse face à l'euro et au dollar. D'autres monnaies de pays producteurs ont atteint des niveaux de faiblesse inconnus depuis longtemps face au dollar : la couronne norvégienne depuis mi-mars 2009, le dinar algérien depuis fin janvier 2011 et le peso mexicain depuis fin juin 2012.
"Sans diminution (de ce plafond), les prix du Brent pourraient atteindre les 60 dollars avant Noël", estimait Torbjorn Kjus, analyste de DNB. "Maintenant, l'hypothèse est que la baisse des prix du pétrole va forcer quelques producteurs à mettre la clé sous la porte ou à réduire leur offre, notamment aux États-Unis où les coûts d'extraction sont plus élevés," notait Jasper Lawler, analyste chez CMC. Les grandes compagnies pétrolières européennes ont d'ailleurs nettement reculé en Bourse : Total a perdu 4,05% à 45,9 euros à Paris, Royal Dutch Shell (action "B") 4,27% à 2.265,5 pence et BP 2,67% à 426,2 pence à Londres, Statoil 4,35% à 143 couronnes à Oslo.
La rechute des prix de l'énergie pourrait en outre accentuer les pressions désinflationnistes pesant sur l'économie mondiale, particulièrement en zone euro. "Désormais, la balle est dans le camp des États-Unis pour rééquilibrer le marché l'année prochaine, en diminuant leur production," expliquait Torbjorn Kjus de DNB. "Il n'y aura pas de réunion extraordinaire de l'Opep au printemps et le prochain rassemblement du cartel n'aura pas lieu avant juin. C'est un signal fort que le marché du pétrole sera laissé à lui-même", constatait Mr. Kjus.

mercredi 3 décembre 2014

La baisse du prix du baril de pétrole n'affecte pas la croissance économique du Congo Brazzaville

Annonce faite par le Ministre congolais des finances, de l'économie et du budget à l'issu de la réunion du comité monétaire et financier national du mercredi 26 novembre 2014.

lundi 1 décembre 2014

Russie, Venezuela et Algérie sont frappés de plein fouet par la chute des prix du pétrole


|  Par Dan Israel et Thomas Cantaloube et Pierre Puchot in MEDIAPART
Lors de la réunion de l'OPEP, l'Arabie Saoudite a décidé de continuer à laisser chuter le prix de l'or noir, qui a déjà décroché de 35 % en six mois. La Russie, le Venezuela et l'Algérie vont au-devant de graves problèmes économiques. Tout comme des compagnies ayant beaucoup misé sur le pétrole de schiste.
La guerre des prix du pétrole est officiellement déclarée. Jeudi 27 novembre, lors de leur réunion bisannuelle à Vienne, les douze pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ont décidé de ne pas réduire le nombre de barils de pétrole qu’ils s’autorisent à produire. Le plafond de 30 millions de barils par jour, fixé en décembre 2011, a été maintenu. Officiellement, le but du cartel des pays producteurs (qui produisent un tiers du pétrole mondial) est de « restaurer l’équilibre du marché ». « Nous cherchons un prix juste », a affirmé le secrétaire général de l’organisation, Abdalla El-Badri.
Pour le Congo BZV, le gouvernement a revu le budget à la baisse provocant un gèle de certains projets en cours.

jeudi 27 novembre 2014

La croissance du Congo revue à la baisse à 9,1%

Par Nancy France Loutoumba
Comparativement à 2013, le Comité monétaire de la Banque des États d'Afrique centrale (Béac), réuni hier à Brazzaville, a estimé à 9,1% la croissance économique du Congo en 2014, contre plus de 12% initialement annoncés.
« Les économistes avaient une prévision initiale d'un peu plus de 12%, ils ont révisé à 9,1% pour 2014 et 4,8 pour 2013 », a déclaré le ministre des Finances, Gilbert Ondongo, au terme du comité monétaire. Du point de vue de l'économie réelle, le Congo va connaître une augmentation de la croissance car la production pétrolière sera en hausse. Les revenus générés par cette production seront en baisse du fait du prix du baril.
L'économie congolaise n'est pas totalement diversifiée, mais elle est en cours de diversification, ont noté les participants à la réunion. Cela relève du bon sens, a dit le ministre qui a reconnu que « si les recettes baissent, il faut nécessairement ajuster les dépenses. »

Pétrole, perdants et perdants


L’an passé encore, bien peu imaginaient que le baril louvoie autour des 80 dollars comme ces derniers jours, une chute d’environ 25% en quelques mois. Situation transitoire ou nouvelle normalité dans un contexte international pourtant hyper tendu ? Sans hasarder de pronostics, prenons l’hypothèse d’un mini "contre-choc" durable. Quels en seraient les effets ? Intuitivement, cette chute de prix (observée aussi sur le cuivre, l’acier, le charbon…) est bonne pour les pays importateurs (France, Allemagne, Japon, Turquie, Chine…). Elle l’est encore plus pour ceux d’entre eux subventionnant les carburants (Égypte, Inde ou Maroc). Sur le marché du pétrole (plus de 2 500 milliards de dollars par an) un recul de 10 dollars du prix du baril se traduit par plus de 300 milliards de dollars d’économie sur un an pour les acheteurs, plus que le rythme du « quantitative easing » américain.

Beau plan de relance pour une économie mondiale en panne. Vraiment ? Pas si sûr. Car les perdants sont légion, à commencer par les producteurs, pour beaucoup, intoxiqués à l’or noir. Les recettes fiscales de l’Angola, champion en 2013 de la croissance mondiale, dépendent à 90% du pétrole, celles dele l’Arabie saoudite aussi. Pour le Venezuela, au bord du défaut, c’est 70%, et 50% pour la Russie. L’équilibre fiscal de l’Algérie, selon le FMI, dépend d’un baril à 113 dollars ! Certains pays ont de quoi voir venir, avec de plantureux fonds de réserve telle l’Arabie saoudite. Pas tous. Une chute durable des prix serait synonyme pour ces États de coupes dans les budgets sociaux ou les plans d’investissements, affectant la consommation, les importations et la stabilité. Même aux États-Unis ou au Canada, une méforme des régions pétrolières – Oklahoma et autres Alberta – aurait un effet dépressif.

Et pour nos pays importateurs ? La médaille a aussi son revers. En Europe (et au Japon), la baisse des prix de l’or noir risque d’encourager la déflation, cauchemar du patron de la BCE. Elle rendra aussi moins urgente la transition énergétique dont on nous rebat les oreilles. La méforme des pays pétroliers, à terme, affectera par ricochet, les exportateurs de machines comme l’Allemagne ou de biens consommation comme la France. Elle rabotera aussi les recettes de TVA. Ajoutons qu’un pétrole peu cher ne change presque rien en matière de compétitivité entre pays européens mais accentue, dans le mauvais sens, les écarts entre nos économies et celles à faibles coûts salariaux. La baisse de l’or noir n’est peut-être pas une si bonne affaire. Dans un monde gorgé de liquidités, le pire est qu’elle témoigne de la difficulté à fixer la valeur des actifs. Comme à l’automne 2008.


Pierre-Olivier Rouaud

Trois victimes de la baisse brutale du cours du pétrole

La chute des cours du pétrole qui a démarré cet été met déjà sous pression des projets, des industriels et même des pays.
Depuis juin, le cours du baril de pétrole a perdu environ 30 % de sa valeur. Ce mercredi 19 novembre, il dépasse de peu les 79 dollars, loin des 110 à 120 dollars d’avant l’été 2014. Cette brutale variation est due à de multiples raisons, en particulier la volonté de l’Arabie Saoudite de prévenir des risques de surproduction mondiale et la baisse de la demande des zones matures comme l’Europe. Les analystes les plus audacieux jugent que cette baisse pourrait être durable avec un baril qui stagnerait en dessous des 90 dollars pour l’année 2015. On peut citer trois victimes directes ou collatérales de cette guerre des prix : le pétrole nord-américain, le secteur parapétrolier, les pays producteurs de pétrole.
1. Ralentissement du développement pétrolier nord-américain
En deçà de 80 dollars le baril, la rentabilité de la production des sables bitumineux canadiens et de certaines huiles de schiste américaines est lourdement affectée. Tandis que les développements de nouveaux projets miniers sont pour l’heure en balance en Alberta, on ressent déjà une chute des investissements en Amérique du Nord sur les champs de pétrole de schiste. "Si les prix demeurent à ces niveaux bas, cela pourrait entraîner un déclin des investissements américains de 10% en 2015, ce qui aura des conséquences sur la croissance future de la production", affirme Fatih Birol, économiste en chef à l’Agence internationale de l’énergie.
Dans une moindre mesure, les développements complexes du type pétrole offshore ultra profond, au large de l’Afrique, du Brésil ou dans l’océan Indien sont aussi affectés. Mais tous les projets en cours, qui mobilisent beaucoup de moyens, devraient être maintenus. Les majors ont besoin de ces pétroles pour maintenir leurs objectifs de production des années à venir et compenser la déplétion naturelle de leurs champs existants.
2. Une baisse d’activité du secteur parapétrolier
Même si les grands pétroliers ne se réjouissent pas de la baisse des cours du Brent, qui rabotent leurs marges, ils ont les épaules pour passer les mois de "pétrole pas cher". D’autant plus que, chez un grand pétrolier, on calcule la rentabilité des projets sur un baril à 100 dollars mais on s’assure aussi qu’il ne sera pas déficitaire si les prix tombent à 80 dollars. A en croire certains experts, cette conjoncture difficile des cours de l’or noir tombe presque à pic pour justifier les récents programmes de maitrise des Capex lancés par les majors.
Rappelons par exemple qu’en septembre dernier, Total annonçait une réduction de ses investissements à 26 milliards en 2015 et 25 milliards en 2017 après un pic à 28 milliards de dollars en 2013. Cela fait suite à un dérapage des investissements dans les grands projets ces dernières années. Ces programmes passent, entre autres, par une pression sur les fournisseurs. Dans la situation actuelle, les premiers touchés sont les acteurs de l’exploration-production. La fusion aux Etats-Unis des deux géants parapétroliers Haliburton et Baker Hughes témoigne aussi de ce besoin de réaliser des économies d’échelles pour répondre aux exigences des donneurs d’ordre. Dans le même esprit en France, le géant parapétrolier Technip vient d'annoncer une offre de 1,5 milliard d'euros sur le spécialiste de la sismique CGG. 
3. Les budgets de grands pays pétroliers dans le rouge
Le seul pays au monde capable de faire remonter les prix de l’or noir en abaissant le débit de ses tuyaux est l’Arabie Saoudite. Or le Royaume wahhabite ne le fait pas. Le ministre saoudien de l’Energie, Ali Al-Naïmi, se contente d’expliquer qu’il s’agit d’une question d’offre et de demande. Une situation qui met en rage certains pays de l’OPEP qui basent leurs budgets nationaux sur des cours du baril beaucoup plus élevés, comme le Venezuela (121 dollars par baril), le Nigéria (119 dollars par baril) ou l’Algérie (121 dollars par baril). Mais le pays le plus visé par cette guerre des prix est la Russie. Le pays tire la majeure partie de ses revenus de l’exportation pétrolière et gazière. Très dépendant de la demande européenne, Moscou veut s’ouvrir vers l’Asie, en particulier vers la Chine, n’hésitant pas à engager de lourds investissements pour faire courir des pipelines de la Sibérie vers le sud-est asiatique. La Russie base son budget sur un prix du baril aux alentours de 105 dollars et se retrouve de fait dans le rouge.
L’Arabie Saoudite elle-même est hors de ses clous budgétaires puisque son budget se construit sur un baril aux alentours de 93,5 dollar. Mais le pays a de telles liquidités qu’une situation dégradée pendant quelques mois ne lui fait pas peur. Le 27 novembre, les pays de l’OPEP se réunissent. Ils devraient mettre la pression sur le premier pays producteur au monde. Pas sûr que le Royaume se laisse impressionner.
Ludovic Dupin
La chute des cours du pétrole qui a démarré cet été met déjà sous pression des projets, des industriels et même des pays.
Depuis juin, le cours du baril de pétrole a perdu environ 30 % de sa valeur. Ce mercredi 19 novembre, il dépasse de peu les 79 dollars, loin des 110 à 120 dollars d’avant l’été 2014. Cette brutale variation est due à de multiples raisons, en particulier la volonté de l’Arabie Saoudite de prévenir des risques de surproduction mondiale et la baisse de la demande des zones matures comme l’Europe. Les analystes les plus audacieux jugent que cette baisse pourrait être durable avec un baril qui stagnerait en dessous des 90 dollars pour l’année 2015. On peut citer trois victimes directes ou collatérales de cette guerre des prix : le pétrole nord-américain, le secteur parapétrolier, les pays producteurs de pétrole.
1. Ralentissement du développement pétrolier nord-américain
En deçà de 80 dollars le baril, la rentabilité de la production des sables bitumineux canadiens et de certaines huiles de schiste américaines est lourdement affectée. Tandis que les développements de nouveaux projets miniers sont pour l’heure en balance en Alberta, on ressent déjà une chute des investissements en Amérique du Nord sur les champs de pétrole de schiste. "Si les prix demeurent à ces niveaux bas, cela pourrait entraîner un déclin des investissements américains de 10% en 2015, ce qui aura des conséquences sur la croissance future de la production", affirme Fatih Birol, économiste en chef à l’Agence internationale de l’énergie.
Dans une moindre mesure, les développements complexes du type pétrole offshore ultra profond, au large de l’Afrique, du Brésil ou dans l’océan Indien sont aussi affectés. Mais tous les projets en cours, qui mobilisent beaucoup de moyens, devraient être maintenus. Les majors ont besoin de ces pétroles pour maintenir leurs objectifs de production des années à venir et compenser la déplétion naturelle de leurs champs existants.
2. Une baisse d’activité du secteur parapétrolier
Même si les grands pétroliers ne se réjouissent pas de la baisse des cours du Brent, qui rabotent leurs marges, ils ont les épaules pour passer les mois de "pétrole pas cher". D’autant plus que, chez un grand pétrolier, on calcule la rentabilité des projets sur un baril à 100 dollars mais on s’assure aussi qu’il ne sera pas déficitaire si les prix tombent à 80 dollars. A en croire certains experts, cette conjoncture difficile des cours de l’or noir tombe presque à pic pour justifier les récents programmes de maitrise des Capex lancés par les majors.
Rappelons par exemple qu’en septembre dernier, Total annonçait une réduction de ses investissements à 26 milliards en 2015 et 25 milliards en 2017 après un pic à 28 milliards de dollars en 2013. Cela fait suite à un dérapage des investissements dans les grands projets ces dernières années. Ces programmes passent, entre autres, par une pression sur les fournisseurs. Dans la situation actuelle, les premiers touchés sont les acteurs de l’exploration-production. La fusion aux Etats-Unis des deux géants parapétroliers Haliburton et Baker Hughes témoigne aussi de ce besoin de réaliser des économies d’échelles pour répondre aux exigences des donneurs d’ordre. Dans le même esprit en France, le géant parapétrolier Technip vient d'annoncer une offre de 1,5 milliard d'euros sur le spécialiste de la sismique CGG. 
3. Les budgets de grands pays pétroliers dans le rouge
Le seul pays au monde capable de faire remonter les prix de l’or noir en abaissant le débit de ses tuyaux est l’Arabie Saoudite. Or le Royaume wahhabite ne le fait pas. Le ministre saoudien de l’Energie, Ali Al-Naïmi, se contente d’expliquer qu’il s’agit d’une question d’offre et de demande. Une situation qui met en rage certains pays de l’OPEP qui basent leurs budgets nationaux sur des cours du baril beaucoup plus élevés, comme le Venezuela (121 dollars par baril), le Nigéria (119 dollars par baril) ou l’Algérie (121 dollars par baril). Mais le pays le plus visé par cette guerre des prix est la Russie. Le pays tire la majeure partie de ses revenus de l’exportation pétrolière et gazière. Très dépendant de la demande européenne, Moscou veut s’ouvrir vers l’Asie, en particulier vers la Chine, n’hésitant pas à engager de lourds investissements pour faire courir des pipelines de la Sibérie vers le sud-est asiatique. La Russie base son budget sur un prix du baril aux alentours de 105 dollars et se retrouve de fait dans le rouge.
L’Arabie Saoudite elle-même est hors de ses clous budgétaires puisque son budget se construit sur un baril aux alentours de 93,5 dollar. Mais le pays a de telles liquidités qu’une situation dégradée pendant quelques mois ne lui fait pas peur. Le 27 novembre, les pays de l’OPEP se réunissent. Ils devraient mettre la pression sur le premier pays producteur au monde. Pas sûr que le Royaume se laisse impressionner.
Ludovic Dupin

Prix du pétrole : quatre facteurs derrière le baril à 75 dollars

Par Pierre-Olivier Rouaud - Publié le 18 novembre 2014, à 16h31 Improbable il y a peu encore, la baisse des cours du pétrole semble s’installer dans l’économie mondiale. Tentative d’explications. En matière de cours du pétrole, les prévisions sont hasardeuses, car souvent démenties par les faits. Ceux qui pariaient sur une hausse continue peuvent revoir leurs modèles. A moins de 75 dollars pour le WTI (West Texas intermediate, brut américain de référence), les cours viennent de plonger de plus de 25% en 6 mois. Une situation qui pourrait durer. Avec des effets en cascade. Le FMI vient d’estimer que ce contre-choc allait soutenir la reprise mondiale soulageant la balance commerciale de l'Europe mais aussi de pays comme le Japon, la Turquie ou le Maroc. A l’inverse au sein de l’OPEP, certains pays comme l’Iran ou le Venezuela s’alarment du désastre ainsi créé pour leurs économies et budgets publics. Le club des pays producteurs doit tenir une réunion clé le 27 novembre à Vienne, et certains pays membres pourraient y réclamer une baisse de production. Quant à la méga fusion annoncée lundi 17 novembre entre Haliburton et Baker Hughes, elle anticipe sans doute un période plus rude pour les géants du parapétrolier L’or noir vaut aujourd’hui la moitié de son prix record absolu, 147 dollars atteint mi-juillet 2008. Le cours du baril (ou plutôt les cours car il existe des dizaines de cotations suivant les qualités d’huile) résulte de la conjonction complexe de facteurs techniques, économiques, géopolitiques et financiers. Tentative d’explications. Le facteur monétaire Le premier facteur de baisse n’a rien à voir avec l’économie des hydrocarbures mais est lié à la politique monétaire américaine et notamment le fameux QE (Quantitative easing). Aux Etats-Unis, la vigueur de la croissance et du marché de l’emploi, vient de pousser le Fed à mettre fin en octobre à ce programme de rachat d’actifs, en clair de création monétaire, déjà ralenti depuis quelques mois. Le "QE" a eu pour effet (recherché) de faire baisser les taux longs tout en générant d’énormes quantités de liquidités, 4 480 milliards de dollars en six ans. Mais cette masse d’argent disponible à bon compte a eu pour effet induit d’alimenter la spéculation sur les marchés de matière première ces dernières années et donc de soutenir les cours. La mise à l’arrêt de la planche à billet produit mécaniquement un effet dépressif sur les prix d’un grand nombre de commodités cotées sur les marchés: cuivre, aluminium, nickel et à commencer par la plus importante, le pétrole. La rapidité de la chute des cours sur quelques mois seulement peut s’expliquer ainsi. Le facteur technologique et industriel La période de prix élevés durant les années 2000 (le fameux "super cycle") a déclenché une vague d’investissements et d’avancées techniques sans précédent : huile et gaz de schiste américain, sables bitumineux de l’Alberta, pré-sal brésilien, offshore africain… Un peu ralentis par la crise financière de 2008/2009, nombre de ces projets sont désormais arrivés en phase de croisière. Dopant l’offre. Cas le plus emblématique : le regain des Etats-Unis. L’Amérique, on le sait, a choisi, à grand coup de fracturation hydraulique et autres forages horizontaux, de développer à grande échelle les pétroles non conventionnels (shale oil) notamment pour limiter sa dépendance au Moyen-Orient. En 2013, les héritiers du colonel Drake ont pompé en moyenne 7,5 millions de barils/jour du sous-sol américain… contre seulement 5 millions en 2008. Résultat ? La production américaine, en déclin depuis des décennies, se rapproche, désormais, peu à peu de ses records de 1970 (9,5 millions de barils par jour). Revers de la médaille ? Si les prix restent durablement modérés, nombre de ces projets "nouvelle vague" très coûteux (jusqu’à 75 ou 80 dollars par baril) deviendraient peu ou pas rentables. Ils seraient alors soit retardés soit mis sous cocon, ce qui pèserait sur l’offre selon un cycle bien connu. C’est déjà ce qu’on observe pour certains projets dans les sables bitumineux : en Alberta, Statoil a suspendu un projet à plusieurs milliards de dollars en septembre . Le facteur économique La demande globale de pétrole reste l’arbitre clé des élégances sur les prix. Or celle-ci a peu progressé ces dernières années. En cause ? La médiocre croissance en Europe et au Japon et surtout le ralentissement de la croissance chinoise. Depuis 2012 celle-ci pointe juste au-dessus de 7% par an contre 9 à 10% jusque-là. La demande chinoise de pétrole, un peu moins de 10 millions de barils par jour, joue un peu au yoyo (elle a progressé fortement en octobre) mais depuis le début d’année, sa hausse est faible, autour de 2% A cela s’ajoutent d’autres facteurs dépressifs de la demande comme les mesures d’économie d’énergie prises dans les pays de l’OCDE ou encore le développement des énergies renouvelables. Par ailleurs aux Etats-Unis, on note pour certains usages un effet de substitution du pétrole par le gaz naturel depuis l’explosion de la production de gaz de schiste abondant et peu cher. Résultat, selon le Department of energy (DOE) américain la demande mondiale de pétrole n’a progressé que de 1,5% en 2013. Cette année, ce chiffre devrait être d’à peine 1%. Pour 2015, le DOE table sur une demande en hausse d’environ 1,2%. Au rythme actuel de production, un peu moins de 92 millions de barils par jour (soit pour rappel plus de 4 milliards de tonnes par an ou encore 12 000 navires super tankers remplis à ras bord), l’offre couvre sans souci la demande. Les stocks mondiaux sont même en légère hausse. En clair, il y a du pétrole à gogo. "Nos prévisions d'offre et de demande montrent que, sauf nouvelle rupture d'approvisionnement, la pression baissière sur les prix pourrait s'accentuer au cours du premier semestre de 2015", vient d’annoncer l'Agence internationale de l’énergie dans son rapport de novembre Le facteur géopolitique Et pour partie contre intuitif. En effet, les très fortes tensions au Proche et Moyen-Orient ou encore l’implication dans la crise ukrainienne de la Russie (deuxième producteur mondial juste derrière l’Arabie saoudite) devraient propulser les prix vers des sommets. Il n’en est rien car les facteurs "bearish" (baissiers) l’emportent à commencer par l’abondance de l’offre (cf plus haut). Comme toujours dans ces périodes de transition, chacun des acteurs du marché joue aussi sa partie en prévision du coup suivant, par exemple l’Arabie saoudite dont l’abondance de l’offre pèse sur les cours. Pour Ryiad, qui dispose à la fois de réserves facilement mobilisables et de coûts de production au ras du désert, un prix bas permet de limiter la progression de l’offre additionnelle notamment les huiles non conventionnelles nord-américaines. Objectif : maintenir ses parts de marché à moyen terme. Et aussi au passage de faire souffrir son ennemi intime, l’Iran. Ceci même si le ministre saoudien du Pétrole, Ali al-Nouaïmi, a récusé de la part du royaume toute "guerre des prix" qualifiant cette idée de "conjectures grotesques et inexactes", selon l’AFP. Lors de la réunion du 27 novembre à Vienne, les observateurs s’attendent à ce que l’OPEP maintienne son plafond de production à 30 millions de barils/jour. Mais sans le réduire. A noter aussi à propos de l'Iran qu'un accord définitif de Téhéran avec la communauté internationale à propos de son programme nucléaire serait de nature à faire chuter la tension régionale... et donc les cours du brut. D’autres épisodes géopolitiques "mineurs" jouent aussi sur l’offre. Ainsi cette année la reprise inattendue de la production libyenne a alimenté à bon compte en brut léger les raffineries d’Europe. Cela a contribué à réduire presque à zéro le différentiel actuel de prix entre la cotation du WTI américain et celle du Brent européen quand ce "spread" culminait à près de 30 dollars en 2011 ! Conclusion, dans l’alignement des planètes de la galaxie or noir tout est en place aujourd’hui pour plomber les cours. Durablement ? Une question à 2 400 milliards de dollars, la valeur du marché pétrolier mondial, à laquelle on ne se hasardera pas à répondre. Pierre-Olivier Rouaud http://www.usinenouvelle.com/editorial/prix-du-petrole-quatre-facteurs-derriere-le-baril-a-75-dollars.N297726

A 85 dollars le baril, certains pays producteurs de pétrole sont dans le rouge

Par Ludovic Dupin - Publié le 31 octobre 2014, à 16h23 Les grands pays pétroliers équilibrent leur budget en fonction des cours du baril de pétrole. Avec la chute de plus de 30% des prix depuis le début de l’été, à 85 dollars le baril, de nombreuses nations sortent des clous. Plusieurs prévisionnistes assurent même qu’un baril à 80 dollars pourrait être atteint prochainement. Depuis le début de l'été 2014, le prix du baril de pétrole a fondu de plus de 30% pour atteindre 85 dollars. The Guardian, publiait, le 16 octobre dernier un graphique instructif. Il indique le coût du baril à atteindre pour que le budget d’un pays ne soit pas déficitaire. Ces sommes sont très variables, allant par exemple de 71 dollars pour le Qatar, à près de 140 dollars pour l’Iran. Avec un baril à 85 dollars, le premier pays garantit une économie avec un budget positif, tandis que le deuxième perd de l’argent. Comme on le voit, de nombreux pays se retrouvent au-delà de la limite de 85 dollars. Dans cette liste, il faut s’arrêter sur le cas spécifique de l’Arabie Saoudite. Le royaume Wahhabite base son budget sur un baril aux alentours de 93,5 dollars par baril. Il est donc en théorie affecté par des cours trop bas. Pourtant, le premier producteur d’or noir de l’OPEP ne ferme pas ses robinets pour faire remonter les cours, comme il l’a fait par le passé. L’Arabie Saoudite ne jette pas l’argent par les fenêtres mais dispose des liquidités suffisantes pour encaisser un bon moment ce manque à gagner. Maintenir des cours bas lui permet de remplir plusieurs objectifs. D’une part, le pays déstabilise ses concurrents dans la course à l’alimentation des grands marchés émergents asiatiques. Sont visés l’Iran et surtout la Russie qui tire la majeure partie de ses revenus des produits pétroliers. D’autre part, The Guardian émet l’hypothèse, qu’en laissant les prix baisser, la première économie du Moyen-Orient affecte considérablement la rentabilité des huiles de schiste en Amérique du Nord, dont le coût de production se situe entre 70 et 80 dollars par baril. Ainsi, le développement des projets est freiné et permet de diminuer le risque de surcapacités dans les années à venir. Ludovic Dupin http://www.usinenouvelle.com/article/a-85-dollars-le-baril-certains-pays-producteurs-de-petrole-sont-dans-le-rouge.N294597

LCB-Bank s'engage à promouvoir les TPE et PME

La Congolaise de Banque (LCB-Bank) a signé le 21 novembre 2014 à Brazzaville, avec le Projet d'appui à la diversification de l'économie (PADE) un protocole d'accord visant la promotion, l'encadrement et le financement des Très petites entreprises (TPE) et Petites et moyennes entreprises (PME) congolaises A travers cet accord, LCB-Bank s'est engagée à réserver le meilleur accueil aux entreprises ayant reçu un accompagnement du PADE par l'intermédiaire de son unité opérationnelle, le Fonds d'appui à coûts partagés (FACP), et à examiner leurs besoins d'investissement selon les procédures en vigueur. Selon l'administrateur directeur général de LCB-Bank, Younes El Masloumi, son institution bancaire voudrait, à travers la signature de cet accord, apporter sa contribution dans le projet gouvernemental de diversification de l'économie congolaise, par l'émergence d'une nouvelle classe de PME/PMI dans les secteurs hors pétrole. Il s'agit notamment des domaines de l'agro-industrie, du bois, du transport et de la logistique. « Le partenariat que nous scellons ce jour avec l'unité opérationnelle du PADE, vise aussi le renforcement des capacités des TPE et PME/PMI, afin de sortir progressivement les entreprises du secteur informel pour les orienter dans le secteur formel, afin de renforcer le tissu économique congolais et d'accompagner les plus compétitives d'entre elles », a-t-il circonscrit. D'après les termes de l'accord, les bénéficiaires potentiels recevront tout d'abord une aide technique, effectuée par des professionnels présélectionnés et inscrits au registre des prestataires du FACP dans les domaines comptables, juridiques, fiscaux, et marketing. Cette assistance du FACP leur permettra de formaliser leur activité ou de compenser certaines faiblesses techniques ou managériales, et prétendre ainsi à des financements bancaires, difficilement accessibles pour eux jusqu'alors. Bénéficiaire du projet, le coordonnateur du PADE, Joseph Mbossa, a indiqué que ce partenariat permettra aux PME d'accéder aux appuis disponibles au niveau du PADE par l'entremise de son unité opérationnelle. Ces appuis concernent, a-t-il cité, le conseil et la formation. « À partir de ces renforcements de capacités, les TPE et les PME peuvent être à même de renforcer leur rendement, leur productivité et de mieux tenir leur comptabilité pour charmer davantage les banques», espère-t-il. Par Parfait Wilfried Douniama http://fr.allafrica.com/stories/201411271095.html

Les chiffres clefs du secteur bancaire en Afrique


Par Rose-Marie Bouboutou
BANQUE DE DETAIL
20 % des foyers et 24% des adultes disposent d'un compte bancaire en Afrique subsaharienne.
La banque de détail en Afrique subsaharienne devrait croître à un taux annuel de 15 % d'ici à 2020.
8 des 25 plus grandes banques africaines sont nigérianes.
L'Afrique subsaharienne a le plus faible taux de pénétration des établissements de dépôt au monde : 16,6% en moyenne contre 63,5% pour l'ensemble des pays en développement.
La classe moyenne africaine a triplé au cours des trente dernières années et représente aujourd'hui 34% de la population.
Taux de bancarisation par région :
Afrique subsaharienne : 18%
Amérique latine et Caraïbes : 28%
Europe et Asie centrale : 44%
Asie de l'Est et Pacifique : 27%
Moyen Orient et Afrique du Nord : 24%

Concentration bancaire moyenne par région :
Afrique : 71,9% Amérique Latine : 66,5% Asie : 60,5% Europe : 59,5%
Océanie : 68,7% Amérique du Nord : 36,3% Panorama du secteur bancaire en Afrique :
Afrique du Nord : 571 milliards de dollars d'actifs, 125 banques.
Afrique de l'Est : 62 milliards de dollars d'actifs, 200 banques.
Afrique australe : 459 milliards de dollars d'actifs, 176 banques.
Afrique centrale : 20 milliards de dollars d'actifs, 69 banques.

MOBILE BANKING
Nombre d'abonnés à la téléphonie mobile en Afrique :
16 millions en 2000 ;
246 millions en 2008 ;
plus de 500 millions en 2012 et un taux de pénétration supérieur à 40% ;
600 millions en 2016 (estimation).
Le nombre d'abonnés au mobile banking est passé de 0,9 million de personnes en 2007 à 11,89 en 2010.
16% des adultes africains avaient utilisé leur téléphone portable pour payer des factures ou recevoir de l'argent en 2012 contre 5% dans les autres régions du monde.
Sources : Banque africaine de développement, Global banks report, Banque mondiale, Proparco, PWC.

Les défis de la bancarisation au CONGO BRAZZAVILLE


Plusieurs personnalités africaines et internationales des milieux économiques et politiques se sont réunis, le 24 et 25 juillet, à Brazzaville, pour le troisième Forum économique organisé par le magazine économique américain Forbes Africa, consacré aux « défis de la bancarisation ». Cette plateforme d'échanges libres et concrets, visait à réunir les décideurs économiques et politiques du monde entier ayant un intérêt commun pour l'Afrique et son développement économique et social
Un état des lieux et des perspectives d'avenir de la bancarisation en Afrique ont été présentés à l'occasion de ce forum international. Les différents participants ont échangé autour des solutions politiques pouvant favoriser la bancarisation sur le continent.
L’état des lieux de la bancarisation :
- L’état des lieux de la situation révèle a priori une forte disparité des taux de bancarisation à travers l’Afrique. « Comparativement à la Tunisie, qui possède un taux de bancarisation autour de 77%, et au Kenya avec environ 56%, pour ne citer que ces deux cas, la sous-région et la région subsaharienne connaissent un taux de moins de 10%
- Ce taux de bancarisation est autour de 7% au Congo Brazzaville.

Quatre raisons sont évoquées pour justifier cette sous bancarisation du Congo

-          Un fort taux de pauvreté ( autour de 646,5% en 2011, selon la Banque Mondiale) occasionnant une insuffisance de revenus ;
-           le poids du secteur informel qui occupe la plupart des acteurs économiques . Ces acteurs se sentent exclus de l’activité bancaire.
-          Aucune loi n’oblige les banques à ouvrir un compte bancaire à tout individu qui le souhaite. Avoir un compte bancaire n’est pas un droit mais un luxe.
-          Absence d'une vraie culture bancaire, avec des acteurs qui préfèrent manipuler directement les billets de banques, quitte à les détériorer.

Quelques idées ont été proposées pour booster la bancarisation

Il a été retenu que soit  proposé une approche typiquement africaine de bancarisation à concevoir à travers les trois chantiers suivants :
-          Construire la confiance entre la banque et les bénéficiaires des services bancaires. La nécessité d'un État fort et d'un système politique stable est un préalable à cette construction. « La chose que nous devons faire dans notre sous - région c'est revoir notre réglementation ». La question de la règlementation devrait permettre de mieux rapprocher et de garantir les relation entre les banques et leurs clients.
-          Réduire la pauvreté. Difficile de développer un système bancaire dans un pays pauvre, parce qu'en général les pauvres n'épargnent pas. L'insuffisance de revenu, l'irrégularité de salaires accentue l'éloignement des banques.
-          Former et informer les acteurs sur la réglementation, les métiers et les produits de la banques. L'insuffisance d'information et de formation contribut à l’éloignement des banques;

Des pistes de solution

Plusieurs pistes ont été suggérées pour aider l’accès aux services bancaires :
-          adapter la réglementation,
-          professionnaliser les services bancaires,
-          ouvrir les banques à l'innovation, aux nouvelles technologies et les rapprocher aux potentiels clients par des produits adéquats,
-          adapter et développer davantage le mobile banking,
-          soutenir la microfinance vers un cadre formel
-          et surtout développer la confiance.

ABEL MATANGOU

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