vendredi 29 mars 2013

Interview DDier MAVOUENZELA Président de la Chambre de Commerce de Pointe-noire

Basango Newsletter

Sylvestre Didier Mavouenzéla

Optimiste, réaliste et convaincu de la valeur qu’il représente, Sylvestre Didier Mavouenzéla, Président de la Chambre de Commerce, d’Industrie, d’Agriculture et des Métiers de Pointe-Noire commence ainsi chaque jour et ceci depuis plus d’une décennie, une nouvelle journée de travail dans son bureau. Parmi les résolutions pour cette année 2013, Sylvestre Didier Mavouenzéla voudrait rapprocher la Chambre de Commerce du plus grand nombre des entreprises, tant congolaises qu’étrangères, pour continuer à développer la vie économique de la ville, parce qu’après de plus de 60 ans, beaucoup d’entreprises ignorent encore l’utilité de cette institution.


De quoi s’occupe la Chambre de Commerce à Pointe-Noire ? Et quel est le rôle du Président de la Chambre de Commerce ?
La Chambre de Commerce n’est rien d’autre que le parlement des opérateurs économiques, donc une institution autonome, créée pour servir d’interface entre les pouvoirs publics et le chef d’entreprise.
Cette institution porte essentiellement sur la formation, l’information et la promotion des activités économiques dans le pays. La Chambre a aussi pour mission d’émettre des avis sur des textes et sur le déroulement de la politique économique de notre pays.

Quel est le côté le plus difficile de votre travail ?

Le côté le plus difficile de mon travail, c’est de mettre l’information à la disposition de tous les ressortissants. Quelque soit notre bonne volonté il nous est difficile matériellement d’informer tout le monde. Aujourd’hui on a une chance avec les nouvelles technologies de l’information et de la communication, mais malheureusement on a une bonne partie de commerçants qui ne sont pas encore connectés à l’internet et cela nous pose un réel problème de pouvoir leur apporter l’information nécessaire en temps voulu.
Nous souhaitons vraiment pouvoir emmener tous les opérateurs à avoir accès à l’internet… Cela nous permettra vraiment d’être opérationnels ; aujourd’hui le reproche qu’on nous fait souvent c’est l’absence d’information. Mais nous ne pouvons pas matériellement informer toutes les sociétés parce que dans notre fichier nous avons plus de 4000 entreprises ; et l’information si on ne réussit pas à la livrer à temps, après elle ne sert plus à rien.
On ne peut pas en temps réel informer tout le monde. La seul solution c’est les nouvelles technologies de l’information et de la communication, mais là il faut travailler sur la vulgarisation de ces outils.

Ça fait déjà 15 ans que vous êtes à la tête de la Chambre de Commerce de Pointe-Noire, quelle évolution la vie économique de la ville a-t-elle connue ?

La loi dit que chaque entreprise qui opère sur le territoire consulaire de la Chambre de Pointe-Noire a une obligation d’immatriculation auprès de la Chambre. La compétence territoriale de la Chambre Consulaire de Pointe-Noire, c’est à Pointe-Noire ; donc toutes les entreprises qui opèrent ont l’obligation d’être immatriculées auprès de la Chambre.
Le souhait pour nous c’est que les entreprises viennent à la Chambre et en ce moment-là, elles ont libre accès à tous les services que fournit la Chambre, qui sont de deux types : services marchands et services non marchands.

Quel est le pourcentage de sociétés congolaises et étrangères représenté à la Chambre de Commerce ?
Si on prend les entreprises toutes tailles confondues, aujourd’hui plus de 60 pour cent sont des entreprises congolaises. Mais dès l’instant où l’on monte en terme de taille et de grandes entreprises, les entreprises congolaises ne représentent plus que 15 à 20 pour cent ; là je parle en termes de capitaux. Mais toutes les sociétés créées ici sont des sociétés congolaises parce qu’elles sont de droit congolais. En référence au capital, il n’y a pas beaucoup de sociétés d’une certains taille qui appartiennent à des Congolais.

Quel est le pays qui a le plus d’échanges économiques avec Pointe-Noire ?
Pour les entreprises de grande taille, c’est essentiellement la France et après, en fonction des secteurs, on trouve que les boulangeries appartiennent principalement à la communauté Mauritanienne ; en ce qui concerne les importations il y a la communauté Ouest-africaine ; dans la vente de véhicules d’occasion et dans la petite industrie on commence à trouver une prédominance de la communauté dite libanaise. Dans le commerce de détail il y a surtout de Maliens et dans la pêche artisanale des Béninois.

Comment pouvez-vous encourager les Congolais à créer leur société à Pointe-Noire ?
L’économie de chaque pays est liée à son histoire et à sa géographie. Si on regarde notre histoire, pendant plus de 30 ans, nous avions opté pour le marxisme - léninisme qui faisait que l’entrepreneur était celui qui n’avait pas réussi à l’école. En outre, hier sous ce régime-là, quand on entreprenait des affaires, on était taxé de bourgeoisie et ça n’encourageait donc pas les gens à entreprendre des affaires.
Il y a même eu un temps pendant cette époque-là où pour avoir la carte de commerçant, on était soumis à une enquête de la Direction de la Sécurité du Territoire (D.S.T.), Sécurité d’Etat à cette époque-là.
Tout ça n’a pas permis aux Congolais de s’ouvrir au commerce et aux affaires. C’est la Conférence Nationale Souveraine qui a reconnu la propriété privée et libéralisé le monde des affaires ; malheureusement quelques années après le pays est entré dans les cycles de guerres. Une fois de plus, cela n’a pas permis au secteur privé congolais de se développer. En fait il faut de la pédagogie, il faut mettre en avant l’initiative privée et le rôle que doit jouer le privé dans une économie pour que finalement, non seulement que le gens s’intéressent à l’entreprise, mais surtout que le gouvernement crée les conditions de l’amélioration de l’environnement dans lequel les gens peuvent entreprendre.
Il n’est un secret pour personne que notre environnement n’est pas bon, le dernier classement du « Doing Business » le signale, mais fort heureusement des actions sont en train d’être menées dans le sens de l’amélioration.
Cependant pour que nous avancions très vite, il faut en même temps l’action des privés et des politiques de telle sorte que finalement l’environnement des affaires puisse s’améliorer et permettre ainsi aux Congolais d’être de vrais entrepreneurs.

Qu’est-ce que la Chambre de Commerce pourrait faire pour stimuler l’investissement étranger ?
Notre mauvais classement au « Doing Business » ne doit pas nous décourager.
Nous avons reçu énormément de missions économiques. Nous avons reçu deux missions françaises avec la Maison de l’Afrique, une mission d’entreprise française avec le MDEF, deux missions marocaines, une mission vietnamienne, une mission turque, une mission hollandaise, une mission chinoise et une mission belge. Mais nous devons aussi sensibiliser les Congolais qu’il y a des positions à prendre et qu’ils ne doivent pas être en dehors de ce mouvement.
Ce travail, nous le faisons à travers un certain nombre de projets que nous avons intégrés dans « Pointe-Noire Industriel » qui a mis ensemble tous les principaux acteurs de la ville de Pointe-Noire pour pouvoir travailler à l’émergence d’un tissu de PME et PMI à Pointe-Noire.

Quelles différences y a-t-il entre une société membre de la Chambre de Commerce et une autre qui ne l’est pas ?
Les entreprises qui son immatriculées ici sont connues de la Chambre et nous pouvons aisément les saisir. Quant à celles qui ne son pas immatriculées, lorsqu’il y a une activité ou une formation il nous est impossible de les prévenir.
Souvent quand ces entreprises voient à travers les médias le compte-rendu d’un certain nombre d’évènements qui se sont déroulés à la Chambre, elles nous reprochent de ne les avoir pas informées. Donc nous demandons au gens de venir vers la Chambre, car c’est leur maison. Et nous sommes là pour les aider dans le processus de la gestion de leurs affaires, lorsqu’elles ont des problèmes avec l’administration, des problèmes d’information, de formation, de débouchés, etc.

Quels sont les objectifs concrets pour cette année 2013 ?
Pour l’année 2013 la Chambre de Commerce veut investir sur la professionnalisation. La Chambre de Commerce de Pointe-Noire vient de conclure avec la Chambre de Commerce et d’industrie de Versailles pour mettre en place une école supérieure de commerce pour la fin de ce trimestre. Pour réaliser ce projet on compte avec un partenaire local, la société Devel S.A.
Par ailleurs nous sommes en négociation très avancée en vue de recueillir le Centre d’Education et de Formation pour l’Apprentissage construit par la BAD (Banque Africaine du développement) pour pouvoir le gérer à partir de la rentrée prochaine. Et bien sûr nous voulons toujours améliorer dans la mise à disposition des informations pour pouvoir être utile auprès des entreprises.

Quel est le secteur le plus puissant en ce moment à Pointe-Noire ? Et au Congo ?
Le premier secteur porteur c’est la logistique, avec la présence du port en eau profonde et surtout avec la construction de la route entre Pointe-Noire et Brazzaville qui va permettre à la marchandise d’arriver jusqu’à OUESSO.
Deuxièmement, le Congo a un réseau hydrographique très dense et énormément de terre arable, ça veut dire que l’agriculture et l’agro-industrie constituent une opportunité à saisir. Et aussi bien sûr le tourisme, grâce à notre territoire où il y a beaucoup de biodiversité et des curiosités.
Et enfin, aujourd’hui on ne peut pas faire abstraction des mines, parce qu’il y a beaucoup d’entreprises minières qui sont en train de se créer. Dans un temps relativement proche, le Congo va devenir un pays minier.

Il n’y a pas beaucoup de sociétés congolaises qui offrent des services dans d’autres pays. Est-ce que les sociétés congolaises ne sont pas assez compétitives ? Qu’est-ce qu’il faudrait changer pour promouvoir ce côté-là et qu’est-ce que vous faites par rapport à cela pour que les choses changent ?
Lorsqu’une société n’arrive pas à satisfaire son marché local, c’est très difficile pour cette société d’aller vers l’extérieur.
Dans un certain nombre de secteurs, notamment dans les boîtes, les gens sont essentiellement tournés vers l’extérieur. Maintenant il y a un certain nombre de programmes dans lesquels nous travaillons pour pouvoir renforcer la capacité des entreprises exportatrices. Il y a certaines entreprises que l’on peut pousser. Nous pensons aux entreprises qui fabriquent des produits locaux pour les mettre à disposition du marché international. En fait il y a un programme pour pouvoir encourager ces entreprises, mais d’abord il faut rendre nos entreprises compétitives à l’intérieur du pays.

De nos jours, Internet est devenu un outil indispensable. Les difficultés du réseau au Congo empêchent la compétitivité des entreprises congolaises sur le marché intérieur et à l’international. Qu’est-ce que la Chambre de Commerce pourrait faire pour aider ces sociétés ?
Au début des années 2000 la Chambre de Commerce avec le PNUD s’était engagée dans le projet du plaidoyer en faveur d’un internet national. La Chambre de Commerce de Pointe-Noire pour familiariser les entrepreneurs avec l’outil internet a créé un centre multimédia où les entreprises qui n’ont pas accès à l’Internet peuvent venir travailler.
Aujourd’hui nous sommes conscients que le matériel internet coûte cher, que les accès coûtent trop cher. Il faut une réelle volonté pour démocratiser l’Internet ; il faut aussi qu’au niveau politique cela se traduise par une baisse de taxes pour pouvoir développer l’internet dans notre pays.
Nous nous sommes rendus compte que les entreprises congolaises étaient absentes sur la toile, donc nous avons conclu une partenariat avec AOB pour faire que ces entreprises puissent avoir une visibilité via Internet, avec pour objectif que le Congolais ressente l’intérêt de l’Internet. Grâce à ce type de partenariat, la Chambre peut aider à promouvoir l’internet au niveau local.

Le nouveau port est en construction. Comment va-t-il changer la vie économique de Pointe-Noire et de la sous-région ?

Il ne suffit pas d’avoir encore un port en eau profonde. Il faut le mettre en valeur. Le fait d’avoir construit le terminal à conteneurs a produit une augmentation du trafic. À un moment donné, ce trafic avait été freiné par les faiblesses du chemin de fer et l’absence de la route. Aujourd’hui avec les efforts qui sont faits au niveau ferroviaire et au niveau routier, le Congo va jouer son rôle de pays de transit et de port d’éclatement et pouvoir desservir la sous-région.

Est-ce qu’il y a des initiatives spécifiques pour favoriser l’incursion des femmes au travail ?
Nous sommes en train de travailler sur le sujet « renforcement des capacités des femmes commerçantes » de manière intra et inter-départements.
Pointe-Noire est adossée aux départements du Kouilou et du Niari qui sont des zones de production et les femmes de Pointe-Noire ont la possibilité de pouvoir acheter les produits des femmes travaillant dans ces deux régions-là.
Par ailleurs chez nous dans les zones rurales comme ce sont principalement les femmes qui portent à bout de bras la cellule familiale, nous aimerions donc favoriser l’épanouissement des femmes et par conséquent des familles congolaises et lutter contre la pauvreté.

Est-ce que vous proposez aussi des formations à ceux qui veulent se lancer dans les affaires ?
On a mis en place plusieurs animations économiques. Tous les premiers mardi du mois nous faisons venir un expert sur un thème précis pour que les entreprises puissent discuter et échanger avec lui.
Le deuxième moyen d’animation : nous avons mis en place des formations pour les nouveaux entrepreneurs afin de leur donner les fondements, les bases de la gestion de l’entreprise. Nous formons aussi les associations à l’animation de leurs associations et des entreprises. Nous souhaitons que les gens viennent à la Chambre de Commerce pour que nous les aidions à développer leurs entreprises.

28/03/2013
Dìaz Calvo Laura in BASANGO

Interview DDier MAVOUENZELA Président de la Chambre de Commerce de Pointe-noire

Basango Newsletter

Sylvestre Didier Mavouenzéla

Optimiste, réaliste et convaincu de la valeur qu’il représente, Sylvestre Didier Mavouenzéla, Président de la Chambre de Commerce, d’Industrie, d’Agriculture et des Métiers de Pointe-Noire commence ainsi chaque jour et ceci depuis plus d’une décennie, une nouvelle journée de travail dans son bureau. Parmi les résolutions pour cette année 2013, Sylvestre Didier Mavouenzéla voudrait rapprocher la Chambre de Commerce du plus grand nombre des entreprises, tant congolaises qu’étrangères, pour continuer à développer la vie économique de la ville, parce qu’après de plus de 60 ans, beaucoup d’entreprises ignorent encore l’utilité de cette institution.


De quoi s’occupe la Chambre de Commerce à Pointe-Noire ? Et quel est le rôle du Président de la Chambre de Commerce ?
La Chambre de Commerce n’est rien d’autre que le parlement des opérateurs économiques, donc une institution autonome, créée pour servir d’interface entre les pouvoirs publics et le chef d’entreprise.
Cette institution porte essentiellement sur la formation, l’information et la promotion des activités économiques dans le pays. La Chambre a aussi pour mission d’émettre des avis sur des textes et sur le déroulement de la politique économique de notre pays.

Quel est le côté le plus difficile de votre travail ?

Le côté le plus difficile de mon travail, c’est de mettre l’information à la disposition de tous les ressortissants. Quelque soit notre bonne volonté il nous est difficile matériellement d’informer tout le monde. Aujourd’hui on a une chance avec les nouvelles technologies de l’information et de la communication, mais malheureusement on a une bonne partie de commerçants qui ne sont pas encore connectés à l’internet et cela nous pose un réel problème de pouvoir leur apporter l’information nécessaire en temps voulu.
Nous souhaitons vraiment pouvoir emmener tous les opérateurs à avoir accès à l’internet… Cela nous permettra vraiment d’être opérationnels ; aujourd’hui le reproche qu’on nous fait souvent c’est l’absence d’information. Mais nous ne pouvons pas matériellement informer toutes les sociétés parce que dans notre fichier nous avons plus de 4000 entreprises ; et l’information si on ne réussit pas à la livrer à temps, après elle ne sert plus à rien.
On ne peut pas en temps réel informer tout le monde. La seul solution c’est les nouvelles technologies de l’information et de la communication, mais là il faut travailler sur la vulgarisation de ces outils.

Ça fait déjà 15 ans que vous êtes à la tête de la Chambre de Commerce de Pointe-Noire, quelle évolution la vie économique de la ville a-t-elle connue ?

La loi dit que chaque entreprise qui opère sur le territoire consulaire de la Chambre de Pointe-Noire a une obligation d’immatriculation auprès de la Chambre. La compétence territoriale de la Chambre Consulaire de Pointe-Noire, c’est à Pointe-Noire ; donc toutes les entreprises qui opèrent ont l’obligation d’être immatriculées auprès de la Chambre.
Le souhait pour nous c’est que les entreprises viennent à la Chambre et en ce moment-là, elles ont libre accès à tous les services que fournit la Chambre, qui sont de deux types : services marchands et services non marchands.

Quel est le pourcentage de sociétés congolaises et étrangères représenté à la Chambre de Commerce ?
Si on prend les entreprises toutes tailles confondues, aujourd’hui plus de 60 pour cent sont des entreprises congolaises. Mais dès l’instant où l’on monte en terme de taille et de grandes entreprises, les entreprises congolaises ne représentent plus que 15 à 20 pour cent ; là je parle en termes de capitaux. Mais toutes les sociétés créées ici sont des sociétés congolaises parce qu’elles sont de droit congolais. En référence au capital, il n’y a pas beaucoup de sociétés d’une certains taille qui appartiennent à des Congolais.

Quel est le pays qui a le plus d’échanges économiques avec Pointe-Noire ?
Pour les entreprises de grande taille, c’est essentiellement la France et après, en fonction des secteurs, on trouve que les boulangeries appartiennent principalement à la communauté Mauritanienne ; en ce qui concerne les importations il y a la communauté Ouest-africaine ; dans la vente de véhicules d’occasion et dans la petite industrie on commence à trouver une prédominance de la communauté dite libanaise. Dans le commerce de détail il y a surtout de Maliens et dans la pêche artisanale des Béninois.

Comment pouvez-vous encourager les Congolais à créer leur société à Pointe-Noire ?
L’économie de chaque pays est liée à son histoire et à sa géographie. Si on regarde notre histoire, pendant plus de 30 ans, nous avions opté pour le marxisme - léninisme qui faisait que l’entrepreneur était celui qui n’avait pas réussi à l’école. En outre, hier sous ce régime-là, quand on entreprenait des affaires, on était taxé de bourgeoisie et ça n’encourageait donc pas les gens à entreprendre des affaires.
Il y a même eu un temps pendant cette époque-là où pour avoir la carte de commerçant, on était soumis à une enquête de la Direction de la Sécurité du Territoire (D.S.T.), Sécurité d’Etat à cette époque-là.
Tout ça n’a pas permis aux Congolais de s’ouvrir au commerce et aux affaires. C’est la Conférence Nationale Souveraine qui a reconnu la propriété privée et libéralisé le monde des affaires ; malheureusement quelques années après le pays est entré dans les cycles de guerres. Une fois de plus, cela n’a pas permis au secteur privé congolais de se développer. En fait il faut de la pédagogie, il faut mettre en avant l’initiative privée et le rôle que doit jouer le privé dans une économie pour que finalement, non seulement que le gens s’intéressent à l’entreprise, mais surtout que le gouvernement crée les conditions de l’amélioration de l’environnement dans lequel les gens peuvent entreprendre.
Il n’est un secret pour personne que notre environnement n’est pas bon, le dernier classement du « Doing Business » le signale, mais fort heureusement des actions sont en train d’être menées dans le sens de l’amélioration.
Cependant pour que nous avancions très vite, il faut en même temps l’action des privés et des politiques de telle sorte que finalement l’environnement des affaires puisse s’améliorer et permettre ainsi aux Congolais d’être de vrais entrepreneurs.

Qu’est-ce que la Chambre de Commerce pourrait faire pour stimuler l’investissement étranger ?
Notre mauvais classement au « Doing Business » ne doit pas nous décourager.
Nous avons reçu énormément de missions économiques. Nous avons reçu deux missions françaises avec la Maison de l’Afrique, une mission d’entreprise française avec le MDEF, deux missions marocaines, une mission vietnamienne, une mission turque, une mission hollandaise, une mission chinoise et une mission belge. Mais nous devons aussi sensibiliser les Congolais qu’il y a des positions à prendre et qu’ils ne doivent pas être en dehors de ce mouvement.
Ce travail, nous le faisons à travers un certain nombre de projets que nous avons intégrés dans « Pointe-Noire Industriel » qui a mis ensemble tous les principaux acteurs de la ville de Pointe-Noire pour pouvoir travailler à l’émergence d’un tissu de PME et PMI à Pointe-Noire.

Quelles différences y a-t-il entre une société membre de la Chambre de Commerce et une autre qui ne l’est pas ?
Les entreprises qui son immatriculées ici sont connues de la Chambre et nous pouvons aisément les saisir. Quant à celles qui ne son pas immatriculées, lorsqu’il y a une activité ou une formation il nous est impossible de les prévenir.
Souvent quand ces entreprises voient à travers les médias le compte-rendu d’un certain nombre d’évènements qui se sont déroulés à la Chambre, elles nous reprochent de ne les avoir pas informées. Donc nous demandons au gens de venir vers la Chambre, car c’est leur maison. Et nous sommes là pour les aider dans le processus de la gestion de leurs affaires, lorsqu’elles ont des problèmes avec l’administration, des problèmes d’information, de formation, de débouchés, etc.

Quels sont les objectifs concrets pour cette année 2013 ?
Pour l’année 2013 la Chambre de Commerce veut investir sur la professionnalisation. La Chambre de Commerce de Pointe-Noire vient de conclure avec la Chambre de Commerce et d’industrie de Versailles pour mettre en place une école supérieure de commerce pour la fin de ce trimestre. Pour réaliser ce projet on compte avec un partenaire local, la société Devel S.A.
Par ailleurs nous sommes en négociation très avancée en vue de recueillir le Centre d’Education et de Formation pour l’Apprentissage construit par la BAD (Banque Africaine du développement) pour pouvoir le gérer à partir de la rentrée prochaine. Et bien sûr nous voulons toujours améliorer dans la mise à disposition des informations pour pouvoir être utile auprès des entreprises.

Quel est le secteur le plus puissant en ce moment à Pointe-Noire ? Et au Congo ?
Le premier secteur porteur c’est la logistique, avec la présence du port en eau profonde et surtout avec la construction de la route entre Pointe-Noire et Brazzaville qui va permettre à la marchandise d’arriver jusqu’à OUESSO.
Deuxièmement, le Congo a un réseau hydrographique très dense et énormément de terre arable, ça veut dire que l’agriculture et l’agro-industrie constituent une opportunité à saisir. Et aussi bien sûr le tourisme, grâce à notre territoire où il y a beaucoup de biodiversité et des curiosités.
Et enfin, aujourd’hui on ne peut pas faire abstraction des mines, parce qu’il y a beaucoup d’entreprises minières qui sont en train de se créer. Dans un temps relativement proche, le Congo va devenir un pays minier.

Il n’y a pas beaucoup de sociétés congolaises qui offrent des services dans d’autres pays. Est-ce que les sociétés congolaises ne sont pas assez compétitives ? Qu’est-ce qu’il faudrait changer pour promouvoir ce côté-là et qu’est-ce que vous faites par rapport à cela pour que les choses changent ?
Lorsqu’une société n’arrive pas à satisfaire son marché local, c’est très difficile pour cette société d’aller vers l’extérieur.
Dans un certain nombre de secteurs, notamment dans les boîtes, les gens sont essentiellement tournés vers l’extérieur. Maintenant il y a un certain nombre de programmes dans lesquels nous travaillons pour pouvoir renforcer la capacité des entreprises exportatrices. Il y a certaines entreprises que l’on peut pousser. Nous pensons aux entreprises qui fabriquent des produits locaux pour les mettre à disposition du marché international. En fait il y a un programme pour pouvoir encourager ces entreprises, mais d’abord il faut rendre nos entreprises compétitives à l’intérieur du pays.

De nos jours, Internet est devenu un outil indispensable. Les difficultés du réseau au Congo empêchent la compétitivité des entreprises congolaises sur le marché intérieur et à l’international. Qu’est-ce que la Chambre de Commerce pourrait faire pour aider ces sociétés ?
Au début des années 2000 la Chambre de Commerce avec le PNUD s’était engagée dans le projet du plaidoyer en faveur d’un internet national. La Chambre de Commerce de Pointe-Noire pour familiariser les entrepreneurs avec l’outil internet a créé un centre multimédia où les entreprises qui n’ont pas accès à l’Internet peuvent venir travailler.
Aujourd’hui nous sommes conscients que le matériel internet coûte cher, que les accès coûtent trop cher. Il faut une réelle volonté pour démocratiser l’Internet ; il faut aussi qu’au niveau politique cela se traduise par une baisse de taxes pour pouvoir développer l’internet dans notre pays.
Nous nous sommes rendus compte que les entreprises congolaises étaient absentes sur la toile, donc nous avons conclu une partenariat avec AOB pour faire que ces entreprises puissent avoir une visibilité via Internet, avec pour objectif que le Congolais ressente l’intérêt de l’Internet. Grâce à ce type de partenariat, la Chambre peut aider à promouvoir l’internet au niveau local.

Le nouveau port est en construction. Comment va-t-il changer la vie économique de Pointe-Noire et de la sous-région ?

Il ne suffit pas d’avoir encore un port en eau profonde. Il faut le mettre en valeur. Le fait d’avoir construit le terminal à conteneurs a produit une augmentation du trafic. À un moment donné, ce trafic avait été freiné par les faiblesses du chemin de fer et l’absence de la route. Aujourd’hui avec les efforts qui sont faits au niveau ferroviaire et au niveau routier, le Congo va jouer son rôle de pays de transit et de port d’éclatement et pouvoir desservir la sous-région.

Est-ce qu’il y a des initiatives spécifiques pour favoriser l’incursion des femmes au travail ?
Nous sommes en train de travailler sur le sujet « renforcement des capacités des femmes commerçantes » de manière intra et inter-départements.
Pointe-Noire est adossée aux départements du Kouilou et du Niari qui sont des zones de production et les femmes de Pointe-Noire ont la possibilité de pouvoir acheter les produits des femmes travaillant dans ces deux régions-là.
Par ailleurs chez nous dans les zones rurales comme ce sont principalement les femmes qui portent à bout de bras la cellule familiale, nous aimerions donc favoriser l’épanouissement des femmes et par conséquent des familles congolaises et lutter contre la pauvreté.

Est-ce que vous proposez aussi des formations à ceux qui veulent se lancer dans les affaires ?
On a mis en place plusieurs animations économiques. Tous les premiers mardi du mois nous faisons venir un expert sur un thème précis pour que les entreprises puissent discuter et échanger avec lui.
Le deuxième moyen d’animation : nous avons mis en place des formations pour les nouveaux entrepreneurs afin de leur donner les fondements, les bases de la gestion de l’entreprise. Nous formons aussi les associations à l’animation de leurs associations et des entreprises. Nous souhaitons que les gens viennent à la Chambre de Commerce pour que nous les aidions à développer leurs entreprises.

28/03/2013
Dìaz Calvo Laura in BASANGO

Interview DDier MAVOUENZELA Président de la Chambre de Commerce de Pointe-noire

Basango Newsletter

Sylvestre Didier Mavouenzéla

Optimiste, réaliste et convaincu de la valeur qu’il représente, Sylvestre Didier Mavouenzéla, Président de la Chambre de Commerce, d’Industrie, d’Agriculture et des Métiers de Pointe-Noire commence ainsi chaque jour et ceci depuis plus d’une décennie, une nouvelle journée de travail dans son bureau. Parmi les résolutions pour cette année 2013, Sylvestre Didier Mavouenzéla voudrait rapprocher la Chambre de Commerce du plus grand nombre des entreprises, tant congolaises qu’étrangères, pour continuer à développer la vie économique de la ville, parce qu’après de plus de 60 ans, beaucoup d’entreprises ignorent encore l’utilité de cette institution.


De quoi s’occupe la Chambre de Commerce à Pointe-Noire ? Et quel est le rôle du Président de la Chambre de Commerce ?
La Chambre de Commerce n’est rien d’autre que le parlement des opérateurs économiques, donc une institution autonome, créée pour servir d’interface entre les pouvoirs publics et le chef d’entreprise.
Cette institution porte essentiellement sur la formation, l’information et la promotion des activités économiques dans le pays. La Chambre a aussi pour mission d’émettre des avis sur des textes et sur le déroulement de la politique économique de notre pays.

Quel est le côté le plus difficile de votre travail ?

Le côté le plus difficile de mon travail, c’est de mettre l’information à la disposition de tous les ressortissants. Quelque soit notre bonne volonté il nous est difficile matériellement d’informer tout le monde. Aujourd’hui on a une chance avec les nouvelles technologies de l’information et de la communication, mais malheureusement on a une bonne partie de commerçants qui ne sont pas encore connectés à l’internet et cela nous pose un réel problème de pouvoir leur apporter l’information nécessaire en temps voulu.
Nous souhaitons vraiment pouvoir emmener tous les opérateurs à avoir accès à l’internet… Cela nous permettra vraiment d’être opérationnels ; aujourd’hui le reproche qu’on nous fait souvent c’est l’absence d’information. Mais nous ne pouvons pas matériellement informer toutes les sociétés parce que dans notre fichier nous avons plus de 4000 entreprises ; et l’information si on ne réussit pas à la livrer à temps, après elle ne sert plus à rien.
On ne peut pas en temps réel informer tout le monde. La seul solution c’est les nouvelles technologies de l’information et de la communication, mais là il faut travailler sur la vulgarisation de ces outils.

Ça fait déjà 15 ans que vous êtes à la tête de la Chambre de Commerce de Pointe-Noire, quelle évolution la vie économique de la ville a-t-elle connue ?

La loi dit que chaque entreprise qui opère sur le territoire consulaire de la Chambre de Pointe-Noire a une obligation d’immatriculation auprès de la Chambre. La compétence territoriale de la Chambre Consulaire de Pointe-Noire, c’est à Pointe-Noire ; donc toutes les entreprises qui opèrent ont l’obligation d’être immatriculées auprès de la Chambre.
Le souhait pour nous c’est que les entreprises viennent à la Chambre et en ce moment-là, elles ont libre accès à tous les services que fournit la Chambre, qui sont de deux types : services marchands et services non marchands.

Quel est le pourcentage de sociétés congolaises et étrangères représenté à la Chambre de Commerce ?
Si on prend les entreprises toutes tailles confondues, aujourd’hui plus de 60 pour cent sont des entreprises congolaises. Mais dès l’instant où l’on monte en terme de taille et de grandes entreprises, les entreprises congolaises ne représentent plus que 15 à 20 pour cent ; là je parle en termes de capitaux. Mais toutes les sociétés créées ici sont des sociétés congolaises parce qu’elles sont de droit congolais. En référence au capital, il n’y a pas beaucoup de sociétés d’une certains taille qui appartiennent à des Congolais.

Quel est le pays qui a le plus d’échanges économiques avec Pointe-Noire ?
Pour les entreprises de grande taille, c’est essentiellement la France et après, en fonction des secteurs, on trouve que les boulangeries appartiennent principalement à la communauté Mauritanienne ; en ce qui concerne les importations il y a la communauté Ouest-africaine ; dans la vente de véhicules d’occasion et dans la petite industrie on commence à trouver une prédominance de la communauté dite libanaise. Dans le commerce de détail il y a surtout de Maliens et dans la pêche artisanale des Béninois.

Comment pouvez-vous encourager les Congolais à créer leur société à Pointe-Noire ?
L’économie de chaque pays est liée à son histoire et à sa géographie. Si on regarde notre histoire, pendant plus de 30 ans, nous avions opté pour le marxisme - léninisme qui faisait que l’entrepreneur était celui qui n’avait pas réussi à l’école. En outre, hier sous ce régime-là, quand on entreprenait des affaires, on était taxé de bourgeoisie et ça n’encourageait donc pas les gens à entreprendre des affaires.
Il y a même eu un temps pendant cette époque-là où pour avoir la carte de commerçant, on était soumis à une enquête de la Direction de la Sécurité du Territoire (D.S.T.), Sécurité d’Etat à cette époque-là.
Tout ça n’a pas permis aux Congolais de s’ouvrir au commerce et aux affaires. C’est la Conférence Nationale Souveraine qui a reconnu la propriété privée et libéralisé le monde des affaires ; malheureusement quelques années après le pays est entré dans les cycles de guerres. Une fois de plus, cela n’a pas permis au secteur privé congolais de se développer. En fait il faut de la pédagogie, il faut mettre en avant l’initiative privée et le rôle que doit jouer le privé dans une économie pour que finalement, non seulement que le gens s’intéressent à l’entreprise, mais surtout que le gouvernement crée les conditions de l’amélioration de l’environnement dans lequel les gens peuvent entreprendre.
Il n’est un secret pour personne que notre environnement n’est pas bon, le dernier classement du « Doing Business » le signale, mais fort heureusement des actions sont en train d’être menées dans le sens de l’amélioration.
Cependant pour que nous avancions très vite, il faut en même temps l’action des privés et des politiques de telle sorte que finalement l’environnement des affaires puisse s’améliorer et permettre ainsi aux Congolais d’être de vrais entrepreneurs.

Qu’est-ce que la Chambre de Commerce pourrait faire pour stimuler l’investissement étranger ?
Notre mauvais classement au « Doing Business » ne doit pas nous décourager.
Nous avons reçu énormément de missions économiques. Nous avons reçu deux missions françaises avec la Maison de l’Afrique, une mission d’entreprise française avec le MDEF, deux missions marocaines, une mission vietnamienne, une mission turque, une mission hollandaise, une mission chinoise et une mission belge. Mais nous devons aussi sensibiliser les Congolais qu’il y a des positions à prendre et qu’ils ne doivent pas être en dehors de ce mouvement.
Ce travail, nous le faisons à travers un certain nombre de projets que nous avons intégrés dans « Pointe-Noire Industriel » qui a mis ensemble tous les principaux acteurs de la ville de Pointe-Noire pour pouvoir travailler à l’émergence d’un tissu de PME et PMI à Pointe-Noire.

Quelles différences y a-t-il entre une société membre de la Chambre de Commerce et une autre qui ne l’est pas ?
Les entreprises qui son immatriculées ici sont connues de la Chambre et nous pouvons aisément les saisir. Quant à celles qui ne son pas immatriculées, lorsqu’il y a une activité ou une formation il nous est impossible de les prévenir.
Souvent quand ces entreprises voient à travers les médias le compte-rendu d’un certain nombre d’évènements qui se sont déroulés à la Chambre, elles nous reprochent de ne les avoir pas informées. Donc nous demandons au gens de venir vers la Chambre, car c’est leur maison. Et nous sommes là pour les aider dans le processus de la gestion de leurs affaires, lorsqu’elles ont des problèmes avec l’administration, des problèmes d’information, de formation, de débouchés, etc.

Quels sont les objectifs concrets pour cette année 2013 ?
Pour l’année 2013 la Chambre de Commerce veut investir sur la professionnalisation. La Chambre de Commerce de Pointe-Noire vient de conclure avec la Chambre de Commerce et d’industrie de Versailles pour mettre en place une école supérieure de commerce pour la fin de ce trimestre. Pour réaliser ce projet on compte avec un partenaire local, la société Devel S.A.
Par ailleurs nous sommes en négociation très avancée en vue de recueillir le Centre d’Education et de Formation pour l’Apprentissage construit par la BAD (Banque Africaine du développement) pour pouvoir le gérer à partir de la rentrée prochaine. Et bien sûr nous voulons toujours améliorer dans la mise à disposition des informations pour pouvoir être utile auprès des entreprises.

Quel est le secteur le plus puissant en ce moment à Pointe-Noire ? Et au Congo ?
Le premier secteur porteur c’est la logistique, avec la présence du port en eau profonde et surtout avec la construction de la route entre Pointe-Noire et Brazzaville qui va permettre à la marchandise d’arriver jusqu’à OUESSO.
Deuxièmement, le Congo a un réseau hydrographique très dense et énormément de terre arable, ça veut dire que l’agriculture et l’agro-industrie constituent une opportunité à saisir. Et aussi bien sûr le tourisme, grâce à notre territoire où il y a beaucoup de biodiversité et des curiosités.
Et enfin, aujourd’hui on ne peut pas faire abstraction des mines, parce qu’il y a beaucoup d’entreprises minières qui sont en train de se créer. Dans un temps relativement proche, le Congo va devenir un pays minier.

Il n’y a pas beaucoup de sociétés congolaises qui offrent des services dans d’autres pays. Est-ce que les sociétés congolaises ne sont pas assez compétitives ? Qu’est-ce qu’il faudrait changer pour promouvoir ce côté-là et qu’est-ce que vous faites par rapport à cela pour que les choses changent ?
Lorsqu’une société n’arrive pas à satisfaire son marché local, c’est très difficile pour cette société d’aller vers l’extérieur.
Dans un certain nombre de secteurs, notamment dans les boîtes, les gens sont essentiellement tournés vers l’extérieur. Maintenant il y a un certain nombre de programmes dans lesquels nous travaillons pour pouvoir renforcer la capacité des entreprises exportatrices. Il y a certaines entreprises que l’on peut pousser. Nous pensons aux entreprises qui fabriquent des produits locaux pour les mettre à disposition du marché international. En fait il y a un programme pour pouvoir encourager ces entreprises, mais d’abord il faut rendre nos entreprises compétitives à l’intérieur du pays.

De nos jours, Internet est devenu un outil indispensable. Les difficultés du réseau au Congo empêchent la compétitivité des entreprises congolaises sur le marché intérieur et à l’international. Qu’est-ce que la Chambre de Commerce pourrait faire pour aider ces sociétés ?
Au début des années 2000 la Chambre de Commerce avec le PNUD s’était engagée dans le projet du plaidoyer en faveur d’un internet national. La Chambre de Commerce de Pointe-Noire pour familiariser les entrepreneurs avec l’outil internet a créé un centre multimédia où les entreprises qui n’ont pas accès à l’Internet peuvent venir travailler.
Aujourd’hui nous sommes conscients que le matériel internet coûte cher, que les accès coûtent trop cher. Il faut une réelle volonté pour démocratiser l’Internet ; il faut aussi qu’au niveau politique cela se traduise par une baisse de taxes pour pouvoir développer l’internet dans notre pays.
Nous nous sommes rendus compte que les entreprises congolaises étaient absentes sur la toile, donc nous avons conclu une partenariat avec AOB pour faire que ces entreprises puissent avoir une visibilité via Internet, avec pour objectif que le Congolais ressente l’intérêt de l’Internet. Grâce à ce type de partenariat, la Chambre peut aider à promouvoir l’internet au niveau local.

Le nouveau port est en construction. Comment va-t-il changer la vie économique de Pointe-Noire et de la sous-région ?

Il ne suffit pas d’avoir encore un port en eau profonde. Il faut le mettre en valeur. Le fait d’avoir construit le terminal à conteneurs a produit une augmentation du trafic. À un moment donné, ce trafic avait été freiné par les faiblesses du chemin de fer et l’absence de la route. Aujourd’hui avec les efforts qui sont faits au niveau ferroviaire et au niveau routier, le Congo va jouer son rôle de pays de transit et de port d’éclatement et pouvoir desservir la sous-région.

Est-ce qu’il y a des initiatives spécifiques pour favoriser l’incursion des femmes au travail ?
Nous sommes en train de travailler sur le sujet « renforcement des capacités des femmes commerçantes » de manière intra et inter-départements.
Pointe-Noire est adossée aux départements du Kouilou et du Niari qui sont des zones de production et les femmes de Pointe-Noire ont la possibilité de pouvoir acheter les produits des femmes travaillant dans ces deux régions-là.
Par ailleurs chez nous dans les zones rurales comme ce sont principalement les femmes qui portent à bout de bras la cellule familiale, nous aimerions donc favoriser l’épanouissement des femmes et par conséquent des familles congolaises et lutter contre la pauvreté.

Est-ce que vous proposez aussi des formations à ceux qui veulent se lancer dans les affaires ?
On a mis en place plusieurs animations économiques. Tous les premiers mardi du mois nous faisons venir un expert sur un thème précis pour que les entreprises puissent discuter et échanger avec lui.
Le deuxième moyen d’animation : nous avons mis en place des formations pour les nouveaux entrepreneurs afin de leur donner les fondements, les bases de la gestion de l’entreprise. Nous formons aussi les associations à l’animation de leurs associations et des entreprises. Nous souhaitons que les gens viennent à la Chambre de Commerce pour que nous les aidions à développer leurs entreprises.

28/03/2013
Dìaz Calvo Laura in BASANGO

jeudi 14 mars 2013

La première Société boursière du Congo est née!!!

Créée depuis octobre 2011, la société boursière La Financière vient d’obtenir de la commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf), son agrément qui l’autorise à démarrer ses activités.

Le retard observé depuis sa création serait dû, selon son directeur général, Innocent Dimi Nolag, au temps d’espacement des commissions du régulateur. La société a obtenu cet agrément le 26 février à N’djamena lors de la réunion du collège de la Cosumaf ; un avis approuvé également par la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale.

Le capital initial de la société de bourse qui intervient sur le marché financier de l’Afrique centrale était d’un milliard. Celui-ci a été revu à la baisse et se situe actuellement à la somme de 300 millions FCFA.

Selon la Cosumaf, La Financière est tenue de solliciter l’approbation préalable de son institution pour toute modification affectant un élément du dossier d’agrément. Elle est aussi tenue de prendre toutes les dispositions utiles pour s’assurer du respect, par ses actionnaires, ses dirigeants et son personnel, de la réglementation du marché financier régional.
« En cas de manquement à la réglementation du marché ou de violation des termes de la présente décision, la Cosumaf pourra procéder à des sanctions pouvant aller jusqu’au retrait de l’agrément sans préjudice de toute autre sanction administrative ou judiciaire »
, peut-on lire sur la décision portant agrément de la société.

Une culture boursière à développer au Congo

La création de cette société de bourse s’inscrit dans un contexte de marché naissant qu’il importe de développer. La faiblesse de la culture boursière au sein de la Cémac (communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale) rend l’approche commerciale spécifique centrée sur l’accompagnement des potentiels
acteurs (institutions et entreprises).

La Financière qui se considère comme première société de bourse au Congo, représente une alternative aux côtés des crédits classiques (banques et micro finances) ; un autre mode de financement de l’économie nationale en procédant par appel public à l’épargne, négociation de titres de propriété (actions) et de dettes à long terme (obligation). Elle se présente comme un  moyen subtil de financement au travers trois rôles dévolusaux bourses : assurer la cotation des valeurs ; organiser la confrontation de l’offre et de la demande sur le marché ; concrétiser les transactions en organisant le paiement des espèces et le transfert des titres entre les différents investisseurs.

Elle a entre autre missions : d’assister les États dans le processus de mobilisation des ressources par le canal du marché de capitaux régional ; de proposer des formules de financement adaptées aux PME-PMI, puis aux structures décentralisées.

S’identifiant comme premier acteur en République du Congo, l’option stratégique retenue est celle d’un intermédiaire exerçant tous les métiers de la bourse (étude et analyse financière, négociation et placement, compensation multiple, conservation de titres, gestion sous mandat de portefeuille, animation de certaines valeurs ; et ingénierie financière).

Notons que l’actionnariat de La Financière est constitué de deux types d’actionnaires dont des investisseurs institutionnels extérieurs (partenaires techniques) et des individuels et/ou particuliers (4 à 5 personnes intéressées).

Nancy France Loutoumba in Les Dépêches de Brazzaville n°1699

mardi 12 mars 2013

vers une Production de vaccins à coûts aborbales au CONGO

Spécialisée dans la production de vaccins,  la firme Biovac basée en Afrique du Sud  propose son expertise au Congo
.

C’est l’objet des échanges que le représentant de Biovac, Patrick Tippoo a eu, le 9 mars, avec le ministre des Zones économiques spéciales, Alain Akouala Atipault et celui de la Recherche scientifique, Bruno Jean Richard Itoua. L’expert sud-africain a expliqué que l’objectif recherché dans ce partenariat vise à renforcer les capacités des chercheurs ou experts de la sous-région d’Afrique centrale dans la production de vaccin.
« La firme Biovac a pour mission de faire de l’Afrique en général et du Congo en particulier, une zone autonome en matière de production de vaccin. Je précise que cela rendrait le coût des vaccins de première nécessité abordable et les produits seraient disponibles »
, a-t-il souligné. En outre, il a ajouté qu’il s’agit pour l’heure d’engager, avec les autorités du Congo une réflexion autour de ce projet. Éventuellement, a-t-il dit, l’institut Biovac pourrait devenir le partenaire qui soutiendrait l’établissement d’une usine de production de vaccin au Congo.

En Afrique, deux autres pays ont déjà bénéficié de ce genre de transfert de technologie : l’Éthiopie et le Cameroun. Actuellement, ces pays sont dans la phase expérimentale de ce type d’industrie.

Luce-Jennyfer Mianzoukouta in Les Dépêches de Brazzaville

Congo Mining favorise le développement social de Mayoko

La filiale d’Equatorial Resources estime à 767 millions de tonnes les ressources minérales du gisement de Mayoko-Moussondji et à plus de 100 millions de tonnes celles d’hématite.

À l’occasion de la célébration de ces deux années d’installation à Mayoko, dans le département du
Niari, le ministre des mines de la géologie, Pierre Moussa a effectué, le 07 mars en compagnie de son collègue de l’Enseignement primaire et secondaire, Hellot Mampouya, une visite de terrain en vue d’apprécier l’évolution du projet.
« Chaque fois que nous venons ici, il y a un changement. Nous constatons une transformation qualitative. Le nombre des travailleurs a augmenté, comme le prouve l’extension de la base-vie », a-t-il déclaré appelant à plus les responsables plus d’efforts.Le plan de développement de Congo Mining prévoit de traiter l’hématite pour fabriquer des produits de fer haut de gamme destinés au marché mondial.

Un appui au développement socio-éducatif

La présence de Congo Mining favorise le développement social de la communauté de Mayoko. La société a mis en oeuvre un certain nombre de programmes communautaires au profit des populations. À travers ces programmes, l’entreprise apporte un soutien multiforme aux populations locales, tant dans les domaines sanitaire, d’entretien routier et de fourniture d’eau potable.

Au plan éducation, Congo Mining a permis la réhabilitation et la construction des bâtiments scolaires
de l’école primaire de Mayoko. Cette école qui accueille plus de 450 élèves a été dotée de fournitures scolaires et d’équipements sportifs.

Par ailleurs, 2013 étant l’année de l’éducation de base et de la formation professionnelle, Congo Mining s’est en outre engagée à former et à employer des travailleurs congolais. Dans le même registre, elle a développé un programme de formation universitaire pour disposer d’une main-d’oeuvre qualifiée.
« Nous croyons que notre succès sera achevé en investissant dans l’éducation, la formation et l’emploi des Congolais, afin de construire une grande compagnie ainsi qu’une industrie, minière forte pour le Congo. Nous avons aussi le souci d’inscrire notre activité d’exploration minière dans une démarche d’accompagnement de la population vers le progrès », a indiqué le président-directeur général de Congo Mining, John Welborn. L’entreprise détient deux permis de recherche de fer en République du Congo. Il s’agit du projet Mayoko-Moussondji et Badondo. À Mayoko, elle cohabite avec la société Exxaro/DMC Iron Congo.

Nancy France Loutoumba in Les Dépêches de Brazzaville n°1697- Mardi 12 mars 2013

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