jeudi 30 août 2012

Le panier de la ménagère fond à Pointe-Noire

(les depêches de brazzaville)
Décidément, les mères de famille ont de la peine à remplir leurs corbeilles chaque matin dans les différents marchés à cause d’une flambée insupportable des prix de toutes les denrées alimentaires.

« À quoi a servi la mesure prise récemment par les autorités nationales du commerce sur l’usage des balances et des étiquettes dans les marchés pour évaluer le poids des aliments afin de fixer des prix réels ? À quoi ont servi les annonces sur l’homologation des prix des marchandises ? »,
s’est demandé Blanche Goma, ménagère croisée au marché Tié-Tié du troisième arrondissement.
Toutes les denrées alimentaires et d’autres marchandises ont considérablement augmenté à Pointe-Noire, en dépit des lois et règlements de la République, même les denrées produites localement. Les étiquettes que portent les tas d’oignons, de piments, de choux, de légumes, d’oranges, de safous, d’aubergines, etc., n’ont rien à voir avec les prix que donnent verbalement les vendeuses. Ces étiquettes sont des trompe-l’oeil pour éviter d’être surpris par les contrôleurs de prix des services du ministère du Commerce et des approvisionnements.

De même, rares sont les vendeurs qui emploient une balance, comme l’exige la réglementation. La viande de
chasse, la viande congelée, le poulet, le poisson de mer, le poisson d’eau douce, le poisson fumé sont proposés en petit tas avec des prix qui dépendent de la seule volonté des vendeurs et varient de l’un à l’autre.

Blandine Ossebi, une ménagère croisée au grand marché, s’explique sur la question :
« Je suis venue faire un petit marché journalier pour ma famille. Mais je ne sais pas par quel bout commencer. Et pourtant à Pointe- Noire, avec 3 000 FCFA dans le temps, le panier se remplissait correctement. Mais aujourd’hui, 3 000 FCFA sont largement insuffisants. Et pour moi, par exemple, une maman de quatre enfants, il me faut 7 000 FCFA pour que les enfants mangent bien. S’alimenter est devenu
un vrai casse-tête vu la cherté des aliments dans les marchés. »

Un laisser-aller des autorités
Aucun marché de Pointe-Noire n’est épargné, de Nkuinkou au marché de Fond Tié-Tié en passant par ceux de Mvou-Mvou, Loandjili, le marché central et d’autres petits marchés de fortune. Les prix des denrées sont exorbitants et le panier de la ménagère rétrécit chaque jour qui passe. Une certaine opinion pense qu’il y a du laisser-aller car les vendeurs qui pratiquent ces prix abusifs ne sont nullement inquiétés.
« Il y a un laisser-aller qui s’installe petit à petit dans les marchés à cause du manque de passage régulier des contrôleurs des prix. Certaines denrées ont gardé bien sûr les mêmes prix mais tenez-vous bien, la quantité du tas a considérable diminué. Le manioc à 100 FCFA, le pain à 100 FCFA, les tas de tomate et d’orange à 500 FCFA ont fondu de moitié. Allez comprendre ! »
, a indiqué Pauline
N’Zinga, une ménagère attristée par cette réalité du marché.

Faire respecter les prix homologués par les services du ministère du Commerce et des approvisionnements est une quête perpétuelle. Cette question qui interpelle ce ministère ne devrait pas laisser indifférents ceux de la Pêche, de l’Agriculture et de l’élevage et surtout les autorités préfectorales et municipales. La cherté dans des marchés de Pointe-Noire devient très inquiétante.
« Hormis les marchés, certains commerçants de grands magasins et boutiques moyennes foulent au
pied la réglementation sur l’homologation des prix des marchandises. Les prix du sac de farine, du sac de sel, du sac de riz et bien d’autres objets sont laissés au seul gré des commerçants. Et lorsqu’ils apprennent que la ministre descendra à Pointe-Noire pour une séance de travail avec eux, ils se disciplinent eux-mêmes, après ils reprennent ces prix intolérables. Il est important que la ministre descende de temps en temps sur les lieux pour que les choses bougent »,
a déclaré Geneviève Ati, marchande de beignets au quartier OCH.

Une étude de la BAD recommande au Congo Brazzaville d'investir dans l'infrastructure économique pour améliorer la croissance et l'intégration

( Les depêches de brazaville) La Banque africaine de développement (BAD) a révélé dans une étude récente, intitulée « Développement de l'infrastructure au Congo : contraintes et priorités à moyen terme », que « la médiocrité de l'infrastructure, le coût élevé des transports et le manque de capacités techniques entraveront la croissance, ainsi que les efforts de la République du Congo, visant l'intégration économique ». 
Cette étude se base sur l'indicateur de développement de l'Afrique en matière d'infrastructure, qui classe le Congo au vingt-quatrième rang sur cinquante-trois pays en 2009, une moyenne plutôt faible dans« l'infrastructure énergétique, l'état des routes et l'accès à l'eau potable », avec seulement 7,1% de routes pavées, et un réseau de chemin de fer en mauvais état, relève l'étude. 
À cet état, l'étude ajoute le manque d'entretien et de réhabilitation. Ce qui au final aboutit à la détérioration de l'infrastructure existante et au coût élevé des services, en particulier dans le secteur des transports. Elle souligne que la majeure partie des investissements dans l'infrastructure du pays provient de ressources domestiques, avec un taux d'investissement au détriment de l'entretien. 
Selon l'Africa Infrastructure Country Diagnostic (AICD), 23% du taux d'investissement global dans l'infrastructure au Congo devraient être affectés aux opérations et à la maintenance, alors qu'en réalité plus de 95% des dépenses totales pour la période 2006-2010 devraient financer de nouveaux projets, avec des dépenses de fonctionnement estimées seulement à 0,2%. L'AICD évalue les besoins en dépense du Congo à 946 millions de dollars par an entre 2005 et 2015 pour la modernisation de son infrastructure, contre 692 millions de dollars dépensés chaque année au cours des cinq dernières années. 
Ainsi, la BAD fait des recommandations visant à aider le gouvernement congolais dans ses efforts pour améliorer l'infrastructure économique et pour accélérer la croissance, entre autres, « une augmentation du financement pour la réhabilitation des infrastructures et pour l'entretien; l'introduction de mesures de réformes visant à encourager plus d'investissement dans le secteur privé, et le renforcement des capacités techniques »

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