vendredi 29 octobre 2010

Forum francophone des affaires - Les économistes francophones interpellent les chefs d'Etat sur la nécessité d'intégration régionale et de création de places financières

L'émergence des économies africaines et les places financières francophones ont été les questions débattues par les hommes d'affaires et experts francophones, en présence du président béninois les 21 et 22 octobre, à Genève en Suisse.
Cette rencontre associée au sommet des chefs d'Etat et de gouvernement francophones réunis à Montreux, en Suisse, a eu pour objectif de réfléchir sur les enjeux économiques de la francophonie. D'imminentes personnalités ont fait le déplacement de Genève, parmi lesquelles : Boni Yayi, président de la République du Bénin, Abderaman Djasnabaille, ministre tchadien des Droits de l'homme, Anicet Dologuele, ancien Premier ministre centrafricain et ancien président de la BDEAC, Agbeyomé Messan Kodjo, ancien Premier ministre du Togo et président du groupe Afrique du Forum francophone des affaires, Christian Bongo, directeur général de la Banque gabonaise de développement, Hugo Ferreira, directeur de la compagnie Benjamin de Rothschild, Philippe Séchaud, administrateur de banque en Afrique, Alain Fénéon, avocat à la cour et spécialiste Ohada, Luc Rigouzzo, directeur général de Proparco, du groupe Agence française de développement (AFD), Stephen Decam, secrétaire général du Conseil français des investisseurs en Afrique, Marie-Yvonne Charlemagne, directeur financier du groupe Rougier.

Plusieurs questions ont été évoquées, telles que : le climat des affaires en Afrique et les véhicules d'investissement ; ces actifs africains ignorés par la finance ; l'Afrique, laboratoire des économies futures ; comment l'Afrique peut-elle reprendre le contrôle de son négoce ?

« Mon vœu est que notre continent soit impliqué dans la gouvernance des affaires de notre planète »

L'allocution de Boni Yayi, président de la République du Bénin, a été le point marquant de la rencontre : « (...) L'espace francophone doit être véritablement un espace qui assure le progrès social. L'économie africaine au sud du Sahara reste encore marginalisée, car nous subissons les technologies et le modèle économique venus d'ailleurs. Mon vœu est que notre continent soit impliqué dans la gouvernance des affaires de notre planète. Pour cela, il nous faudra mettre en œuvre des stratégies de financement, celles poussant à la compétitivité et au partenariat public/privé. Nous devons aussi étudier une autre méthode de distribution d'eau et surtout croire en la justice et au respect des droits de l'homme. Avec le FFA, nous pourrions travailler pour cette émergence économique francophone. »
Intervenant pour sa part sur la question des « Actifs africains ignorés par la finance », Anicet Dologuele a démontré que cette ignorance était due à différents facteurs comme « le détournement des ressources, l'octroi sans transparence des permis et la signature des contrats en leur défaveur ». L'ancien président de la BDEAC a tout de même affiché son optimisme, car selon lui, l'annulation de la dette a généré des montants pouvant être reversés au profit de la production. Il a aussi fait état de l'intégration régionale, qui devrait se réaliser au niveau politique, législatif, monétaire et économique en mettant l'accent sur la construction des infrastructures et l'offre de produits financiers aux investisseurs, leur permettant d'intervenir durablement en Afrique. Quant à Sylvain Goupille, directeur Finance Carbone BNP Paribas, il estime que « le capital carbone est encore inexploité en Afrique, à l'exception près des projets de certification du bois notamment dans le bassin du Congo ».

Il nait en Afrique une nouvelle génération d'investisseurs

Prenant la parole pour parler du « Climat des affaires en Afrique et les véhicules d'investissement », Philippe Séchaud, administrateur de banque en Afrique, a constaté la résistance des banques africaines face à la crise financière, et une amélioration de la bonne gouvernance. Quant à l'environnement économique, il a assisté à la naissance d'une nouvelle génération d'investisseurs restant et investissant dans leur pays, dans le transport et la télécommunication. Néanmoins, « la croissance ne suffit pas à rattraper le retard, surtout que les marchés régionaux ont du mal à se constituer. Il est vital de mettre en place les marchés financiers pour attirer les investisseurs locaux et internationaux. Pour cela, les Etats africains doivent mettre en place un canal incitatif en vue de l'accroissement économique ». Pour maître Alain Feneon, ce canal incitatif a été mis en place en matière législative grâce à l'Ohada (Organisation pour l'harmonisation du droit des affaires en Afrique), qui apporte aux entreprises une sécurité juridique. « En vue de l'accroissement économique, l'organisation juridique et judiciaire est importante. L'Ohada est une révolution et les entreprises sont satisfaites de ce système. Mais nous déplorons le fait que malgré le recours à l'arbitrage qui apporte un semblant de neutralité, la sécurité judiciaire n'est pas encore établie, car le juge national n'est toujours pas déconnecté de toute pression étatique ». Tout comme lui, Michel Juvet, directeur de la banque Bordier, a démontré que la croissance est en marche depuis 10 ans grâce aux règles juridiques qui se sont développées, sauf que « l'Afrique doit aller chercher les investisseurs étrangers, les convaincre, vendre ce qu'elle produit et investir dans les actions, les devises, le rachat de dettes... ». En conclusion, il a déploré le fait que les sociétés étrangères en Afrique n'investissent pas assez dans la finance et l'agriculture.

Le continent souffre d'un manque de visibilité sur l'acheminement des produits qu'il exporte

Comment l'Afrique peut-elle reprendre le contrôle de son négoce ? C'est à cette question qu'a répondu André Soumah, président et directeur général de l'Audit, contrôle et expertise globale (ACE), provoquant une vive réaction. Selon lui, « les projets économiques n'avancent pas parce que l'Africain ne connait pas son marché. Pour prétendre prendre ce contrôle, il faut pénétrer les multinationales américaines qui désorganisent le système et définir une vision claire de développement. Parce que le système économique africain est opaque, il n'y a pas de visibilité sur l'acheminement des produits vendus à l'exportation. En plus, nous construisons des usines sans marchés et nos banques ne se concentrent qu'au transfert de capitaux ». Pour Monsieur Balkany, vice-président de Toreador Resources Corporation, plaidant pour l'intégration régionale, « il y a très peu de commerce entre pays africains. Le continent doit se reprendre, former ses entrepreneurs et se réapproprier ses richesses naturelles ».

Les pays africains sont des pays riches mais peuplés de pauvres... c'est un paradoxe qui doit nous interpeller

Nous avons interrogé Stephen Decam, secrétaire général du Conseil français des investisseurs en Afrique, à propos du développement de l'Afrique francophone et de l'impact du débat organisé. Sans détour, il a répondu : « Ce développement est inversement proportionnel au nombre de forums dont malheureusement un trop grand nombre sont des forums bavards. Nous devons y aborder les vrais problèmes comme l'Etat de droit et la bonne gouvernance, l'intégration régionale, les investissements et la place faite au secteur privé comme vecteur majeur du développement. Pour cela, il faut un secteur privé dynamique associé à un Etat fort. Le secteur privé est déjà dynamique. Faisons en sorte d'avoir des Etats forts qui garantissent aux investisseurs une parfaite visibilité, sinon, ceux-ci iront ailleurs. Il ne suffit pas qu'un Etat se proclame démocratique pour être un Etat fort, il faut d'abord qu'il se soucie des besoins fondamentaux de ses populations qui sont se nourrir, se soigner et s'éduquer. Beaucoup de pays d'Afrique sont des pays riches mais peuplés de pauvres, c'est un paradoxe qui doit nous interpeller ! »

A l'issue des débats, un rapport a été établi en vue d'être transmis par Boni Yayi, président de la République du Bénin, aux chefs d'Etat présents à Montreux. Rappelons que le Forum francophone des affaires (FFA), organisation économique internationale, joue également le rôle de partenaire privilégié des instances nationales. Associé au sommet des chefs d'Etat et de gouvernement francophones, le forum se tient chaque année à Genève, en Suisse.

Carmen Féviliyé

jeudi 28 octobre 2010

la Boad augmente son capital de 350 milliards de francs.


Le Conseil d’administration de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (Boad) a approuvé une augmentation de 50 % de son capitale à l’issue d’une réunion tenue à Lomé.

«Le Conseil d’administration a décidé d’une augmentation de 50% du capital de la Boad, le portant ainsi de 700 à 1.050 milliards de CFA», rapporte le quotidien privé sénégalais Walfadjri, qui cite un communiqué de l’institution financière sous-régionale.

L’objectif visé est de «permettre ainsi à la banque d’exécuter son programme d’activités conformément aux orientations de son plan stratégique 2009-2013», selon les mêmes sources.

La Boad a également accepté de financer 11 nouveaux projets pour un montant de 87,2 milliards de francs, ce qui porte désormais à 1.584 milliards de francs le montant global des financements depuis le lancement de la banque.

La Boad est une institution financière sous régionale ouest africaine appartenant aux huit pays de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) qui sont : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée Bissau, Mali, Niger, Togo et Sénégal.

mercredi 27 octobre 2010

Dette publique : le marché contre les Etats

Les Etats ont à peine sorti la tête de l'eau après la crise financière, qu'une nouvelle bulle se profile à l'horizon : celle des dettes publiques. Certains Etats font craindre des cas de faillites comme autrefois pour la Russie ou l'Argentine et aujourd’hui…la Grèce. Alors, les marchés mènent-ils une guerre économique aux Etats ? Après la Grèce, le Portugal, l’Italie et l’Espagne se sentent menacés. Et comment l’Etat français gère t-il sa dette ?

Par Hermine MAUZÉ
 
Pour boucler leur budget, les Etats doivent, comme les entreprises, émettre des obligations. En France c’est l'Agence France Trésor (AFT) qui est chargée de gérer la dette. 18 banques conseillent et assistent l’AFT sur sa politique d’émission et de gestion de la dette. Elles sont également habilitées à participer aux achats de titres. On les appelle les (SVT) spécialistes en valeur du Trésor. Le calendrier est réglé comme une horloge. Le premier et le troisième jeudi du mois, c’est le jour des adjudications -c'est à dire des enchères- sur le long et le moyen terme. Tous les lundis après midi, la salle des marchés est en effervescence, pour les enchères sur le court terme.

Selon Philippe Mills, directeur de l’AFT, la dette française jouit d’une excellente réputation. La signature de l’Etat français est parmi les mieux notées par les agences de notations et les investisseurs. Ils la considèrent comme étant une des dettes les plus sûres au monde. Celle-ci, particulièrement convoitée par les investisseurs étrangers, est détenue à un tiers par des français, un autre tiers par des investisseurs de la zone euro, et enfin un dernier tiers par des acteurs situés en dehors de la zone euro, essentiellement en Asie et au Moyen-Orient.

Parmi les gros clients de l’AFT, la banque Barclay's Capital, présente sur tous les grands marchés internationaux. Raoul Salomon, chef économiste se félicite des bénéfices qu’elle enregistre sur le secteur des dettes publiques. Il déplore pourtant l’utilisation massive de crédit qui pourrait provoquer à terme un effondrement du système. Et s’étonne que les Etats poussent les banques à acheter des obligations publiques. Le FMI vient d’ailleurs d’alerter l’opinion sur les risques liés aux dettes des États. Les marchés contre l’Etat ? Jacques Delpla, l’invité du Journal de l’Intelligence économique refuse d’aller sur ce terrain et préfère pousser les Etats à constitutionnaliser l’interdiction des déficits.
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Marché de la sécurité : des alternatives à la vidéosurveillance

« La vidéosurveillance a montré son efficacité en matière de prévention de la délinquance ». C’est la conclusion d’un rapport confidentiel du Ministère de l’Intérieur daté de juillet 2009.
Une vraie caution pour le Ministre, Brice Hortefeux qui souhaite augmenter le nombre de caméras publiques de 20 000 à 60 000 d’ici à 2011. Mais existe-t-il une alternative à ce Big Brother numérique ? Le journal de l’intelligence économique a enquêté en Suède.

Par Hermine MAUZÉ
 
C’est donc le "tout vidéosurveillance "…. Ou plutôt, le "tout vidéoprotection" si on en juge le léger glissement sémantique opéré depuis quelques temps. Mais les caméras  qui tapissent désormais le territoire, sont-elles pour autant un moyen efficace de prévenir la délinquance ?

Le rapport ministériel de la place Beauveau apporte quelques éléments de réponse. On y lit que la délinquance augmenterait deux fois moins dans les zones équipées de caméras et que les agressions n’ont augmentées que de 24,1% alors qu’elles ont progressé de 40% depuis l’an 2000 en France dans les zones non équipées de caméras.

Dans cet imbroglio de chiffres, on a beaucoup de mal à se repérer. On comprend surtout que la délinquance ne baisse pas, disons qu’elle augmente moins vite. La différence est de taille. Dans ce débat sur l’efficacité du système les mots revêtent une importance particulière.

Et hors de France le constat est le même. L’Angleterre, par exemple est le pays le mieux équipé du monde, mais les chiffres ne sont pas convaincants. Le directeur de Scotland Yard à Londres parle d’un taux d’élucidation qui a progressé de 4% au maximum. La plupart des commerces attaqués, le sont par des voyous masqués, rarement identifiables. D’autre part, il n’y a pas suffisamment de personnel derrière les caméras. Pour pallier ce manque les londoniens font alors appel à des sociétés privées, ce qui pose un autre problème : un citoyen ordinaire peut il déclencher l’action publique ?

Certains employés de la grande distribution déclarent même à demi-mots que ces dispositifs vidéo ne sont pas seulement utilisés pour prévenir les attaques mais également pour surveiller les employés !

Pourtant la vidéosurveillance n’est pas la panacée. D’autres solutions existent. Il y a quelques années la Suède accusait un taux de criminalité record, elle a alors trouvé une solution pour se prémunir des braquages. Des grandes enseignes, à l’instar de « Seven Eleven » spécialisée dans la vente au détail se sont dotées de caisses blindées. Les caissiers n’ont désormais plus accès à la monnaie fiduciaire et ne craignent plus les attaques. En sus, fini les erreurs de comptabilité. Ils ont vraiment gagné en sérénité.

Lors du transfert de ces cassettes, les convoyeurs de fond sont également protégés. Une encre indélébile macule les billets en cas d’attaques et les rends inutilisables.

Ce système qui paraît efficace tend à se généraliser et à se perfectionner, certaines enseignes mondiales comme Ikea s’y sont converties. Et même si ce dispositif a un coût, il peut séduire les commerçants qui y voient  un  moyen efficace de décourager les malfaiteurs. La vidéosurveillance a donc des concurrents qui pourraient lui prendre de belles parts de marché. Un cas d’étude en matière d’intelligence économique.

Des affaires sous surveillances !

Faut-il faire des affaires avec les Russes ? Comment éviter le risque de corruption, tenir à distance les mafias et s’éloigner des oligarques ? Le Journal de l’Intelligence économique a accompagné une délégation d’entrepreneurs français au pays de Poutine.


Difficile de partir seul à la conquête des marchés russes. C’est pourquoi, UBI France, l’agence chargée de promouvoir les intérêts économiques de la France à l’étranger, accompagne les investisseurs en Russie et veille au bon déroulement des rencontres. Elle aide par exemple les Français à trouver des « sviazi » : des intermédiaires qui connaissent très bien le pays et la langue. Et ils sont très occupés ! En 2009, les investissements croisés entre la Russie et la France s’élevaient en effet à 5 milliards d’euros.
Bertrand Ambroise, responsable du développement commercial à Commercial France-Oger International, décrypte le contexte actuel des relations entre la France et la Russie : « Je pense qu’il y a un contexte politique et économique qui est favorable en ce moment, avec un rapprochement certain entre le gouvernement russe et le gouvernement français. Les Russes ont envie de trouver des partenaires français. »

La COFACE, la Compagnie Française d’Assurance au Commerce Extérieur, qualifie ce marché de difficile mais également de prometteur, si certains facteurs comme la corruption parviennent à être évités. A ce sujet, Yoann Cotard, responsable de la société Clypso, se souvient qu’un article de presse soupçonnait Olympstroy, la compagnie publique russe chargée des JO, d’avoir eu des problèmes de corruption en internet. « Il y a régulièrement des affaires de corruption en Russie », dit-il.

Le risque de corruption ne décourage pourtant pas nos industriels. Lucides, ils restent très enthousiastes devant les projets présentés en vue de faire de Sotchi le futur « Saint Tropez ». Mais avant de devenir la nouvelle destination branchée de la jet-set mondiale, cette station balnéaire de la mer Noire reste en chantier.

Sur place, les industriels réalisent que la plupart des gros marchés ont déjà été attribués. Betrand Ambroise en est conscient : « Nous sommes sur un positionnement un peu tardif. »
Malgré tout, les investisseurs français qui ne craignent ni les clichés sur la bureaucratie tentaculaire ni ceux concernant la corruption, restent nombreux.

Militaire privé : la France s’engage !



Souvent assimilés à des mercenaires, les agents de sociétés militaires privées (SMP) sont de plus en plus nombreux. Le Journal de l’Intelligence économique vous emmène en République Tchèque, suivre une formation de « contractors » organisée par la SMP française SECOPEX.


Hervé, Saïd, Cyril… tous souhaitent se former au métier de contractors. Objectif : se qualifier pour réaliser des missions de protection rapprochée et de sécurité en zone déstabilisée. Au programme, 120 heures de stage, réparties sur trois semaines. C’est au sein de la société française SECOPEX que ces hommes ont décidé de faire leur apprentissage. Créée en 2003 par Pierre Marziali à Carcassone (Languedoc-Roussillon), SECOPEX a ouvert pour la première fois ses portes à des caméras de télévision.

Qui sont ces futurs contractors ? 90% des agents de SECOPEX sont d’anciens militaires. Et du côté des stagiaires, on retrouve les mêmes proportions. Saïd a été pendant cinq ans sous-officier de l’armée de terre. Originaire de Haute Provence et à tout juste 31 ans, Saïd est aujourd’hui chef d’entreprise, à la tête d’une boulangerie. L’esprit de camaraderie des rangs militaires lui manque, mais il préfère le métier de contractor, plus concret selon lui, que celui de soldat : « Des fois, on baigne dans l'absurde lorsqu'on est à l'armée. Là, vu qu'il y a un intérêt économique à la fin, il y a un but certain c'est d'aller chercher quelqu'un qui a payé un service pour aller le chercher. Donc il doit y avoir un retour logique sur un investissement économique de base. Là oui, ça devient un peu plus cohérent. »

Hervé, 41 ans, est originaire de Toulouse. C’est le plus expérimenté des stagiaires. Il a été pendant onze ans parachutiste-militaire. Il a ensuite enchaîné les petits jobs (chauffeur, livreur…) avant de suivre un stage d’agent de protection rapprochée. Il a déjà été envoyé par les Etats-Unis en Irak en tant que contractor, pendant un mois. La formation de SECOPEX lui offre une remise à niveau et lui permet, à nouveau, de manipuler les armes. Il ne cache pas non plus, qu’être contractor apporte des avantages… financiers : « C'est mieux payé. »

Cyril est un peu l’exception : il n’a jamais été militaire. Il est informaticien et électricien. Il a également une licence de tir depuis plus de deux ans. Ce stage réunit ses deux passions : les armes et les voyages. « Le métier de contractor c'est un métier qui permet d'être très mobile partout dans le monde, c'est un métier d'arme », dit-il. Un de ses collègue se demande d’ailleurs si ce manque d’expérience de terrain, n’est pas dangereux…

La privatisation de la guerre n’est pas un phénomène nouveau. Les Américains et les Britanniques ont saisi depuis longtemps l’opportunité de ce « marché de la guerre ». La présence de ces sociétés privées dans les zones de conflits est importante. En Irak, en 2007, on pouvait compter environ un agent civil privé pour un soldat. Cependant, certaines dérives ont amené l’opinion publique et les médias à assimiler ces contractors à des mercenaires. En 2007, par exemple, à Bagdad, dix-sept civils ont été tués par des agents privés de la société américaine Blackwater Worldwide, -qui s’est renommée discrètement et suite à cette affaire, Xe-. La société britannique Aegis Defense Services est également une des nombreuses SMP actives en Irak. A elle toute seule, elle regroupe 20 000 agents. Elle a reçu un mandat des Etats-Unis de 300 millions de dollars et un mandat de l’ONU en 2005, pour les élections irakiennes.

Au milieu de cette économie de la guerre, la France compte bien elle aussi avoir sa part du gâteau. La législation française semble être sur le point d’évoluer en la matière pour faciliter le recours à ses prestations privées.

Pierre Marzali, PDG de SECOPEX, reste confiant sur l’avenir des SMP françaises : « la France a réduit son budget de la défense ainsi que ses effectifs militaires. Mais les missions sont toujours de plus en plus nombreuses. » Les sociétés françaises visent notamment les contrats de sécurité de l’Union Européenne, détenus notamment pour le groupe britannique Hart Security Page Group. A voir, dans quelques années, si la France réussit ou pas à rattraper son retard et à s’imposer sur ce marché de la sécurité privée.

Selon Transparency International, trois Etats sur 4 dans le monde sont corrompus

 
Le général birman, Than Schwe, à la tête d'un des pays les plus corrompus au monde.
Le général birman, Than Schwe, à la tête d'un des pays les plus corrompus au monde.
(Photo : Reuters)
 
 
Par RFI
Trois quarts des Etats dans le monde sont perçus comme gravement corrompus. En premier rang figurent les pays en guerre, comme I’Irak ou l'Afghanistan ou encore les régimes autoritaires comme la Birmanie. Dans l'index 2010 de la perception de la corruption dans le monde, présenté mardi 26 octobre 2010 à Berlin par Transparency International, la classe politique française n'est pas épargnée.
Sur les 178 pays qui figurent dans le rapport, près de trois quarts affichent un indice de perception de la corruption inférieur à la moyenne. Voilà qui jette le discrédit sur les efforts affichés par l'ensemble de la communauté internationale pour renflouer les marchés financiers, lutter contre le réchauffement de la planète ou contre la pauvreté.

Certains pays ont pourtant fait des progrès. Le Bhoutan, le Chili, la Gambie et Haïti ont amélioré leur niveau de transparence. En revanche carton jaune pour la République tchèque, la Grèce ou les Etats-Unis. Ces derniers pour la première fois sortent du « top 20 » des pays les plus « propres » de notre planète.

La corruption touche plus particulièrement les régions en guerre et les dictatures. La Birmanie, l'Afghanistan et la Somalie ferment la liste. Les plus vertueux sont le Danemark, la Nouvelle-Zélande et Singapour.
En France l'affaire Woerth-Bettencourt a jeté un doute sur les pratiques de la classe politique et a entamé la confiance des observateurs internationaux.

Ici comme ailleurs, les dommages causés par la corruption doivent être pris plus au sérieux. Sans cela, les réponses apportées aux crises mondiales resteront sans effet.

En Birmanie, corruption à tous les étages

 
La corruption y est presque institutionnalisée. A la différence des gouvernements des pays démocratiques, la junte birmane, qui contrôle le pays depuis 48 ans, ne rend jamais compte de ses actions. Au contraire, la corruption renforce son pouvoir. Les pots-de-vin sont monnaie courante, touchant tous les segments de la société.

La bureaucratie lourde et complexe rend le système totalement opaque et fortement gangréné par la corruption. Tout doit se payer, un emploi, un service, accélérer une procédure administrative, obtenir un contrat commercial...

Le pays est riche en ressources naturelles et pourtant la population vit dans une pauvreté extrême. En fait toutes les richesses vont dans les poches des militaires. Les Birmans sont donc prisonnier d'un système où tout doit se payer sous la table, y compris les services publics. Ils ne connaissent pas leur droit et sont soumis à une censure sévère de la junte qui les empêchent de porter plaine. Un cercle vicieux qui risque fort de perdurer, tant que le régime ne se sentira pas menacé.

La corruption gagne du terrain en Russie

Selon le dernier rapport publié par Transparency International, la Russie occupait la 146e place mondiale sur 180 Etats allant du moins au plus corrompu, l'année dernière. Elle a été rétrogradée à la 154e place, entre la Papouasie Nouvelle-Guinée et le Tadjikistan.

« Une honte nationale » : c’est ainsi que la responsable de Transparency International Russie parle de la situation dans son pays. Elena Panfilova estime que la politique de lutte contre la corruption en Russie est dans l’impasse, malgré tous les discours de bonne volonté des autorités.

Dans le classement régional effectué par l'organisation, la Russie occupe la 16e place sur 20, derrière l’Ukraine. Seuls le Tadjikistan, le Kirghizstan et l’Ouzbékistan font pire.

La lutte contre la corruption est pourtant le cheval de bataille du président Dmitri Medvedev qui avait promis, il y a un an, de coffrer les fautifs. C'est aussi la priorité affichée du nouveau maire de Moscou, Sergueï Sobianine. Mais l'enquête de Transparency International montre qu'il reste beaucoup de chemin à parcourir.

Récemment, le département de la sécurité économique du ministère russe de l’Intérieur, avait estimé que le pot-de-vin moyen versé aux fonctionnaires avait pratiquement doublé depuis le début de l’année. Il s'élève désormais à 44 000 roubles, soit plus de 1 000 euros.
Selon une enquête de l’association des avocats pour les droits de l’homme, qui se fonde sur les statistiques officielles et des témoignages qu’elle recueille auprès des plaignants, l’équivalent de la moitié du produit intérieur brut de la Russie va aujourd’hui dans la poche des fonctionnaires.
 

Le franc CFA, révélateur discret de l’ambiguïté des indépendances africaines

 
Côte d'Ivoire.
Côte d'Ivoire.
© Issouf Sanogo/AFP
Par Gilles Yabi
Ce que les chefs d’État africains invités au défilé du 14 juillet dernier auquel ont participé leurs armées nationales – à l’exception de la Côte d’Ivoire boudeuse-, avaient en commun, c’est la langue officielle de leurs pays héritée du colonisateur – le français – et une monnaie, le franc CFA, solidement arrimé à l’euro à travers le défunt franc français. 


Si la question de la survivance de la zone franc cinquante ans après les indépendances est la grande oubliée des débats franco-africains, c’est qu’elle peut être très vite gênante, parce qu’emblématique de l’hésitation permanente des autorités politiques de ces pays africains entre affirmation pleine de leur indépendance économique et besoin de continuer à se placer sous le parapluie protecteur de l’ancienne puissance coloniale par manque de confiance en leurs propres capacités à gérer l'adversité économique et monétaire.
L’entrée d’une ex-colonie espagnole, la Guinée équatoriale en 1985, puis celle de la Guinée-Bissau ex-portugaise en 1997 dans le club du franc CFA n’ont pas altéré l’association dans les esprits entre franc CFA et influence française.

Une zone franc, deux francs CFA et deux banques centrales

Le franc des colonies françaises d’Afrique est né le 26 décembre 1945, le jour où la France ratifie les accords de Bretton Woods dont l’objectif est de créer un ordre monétaire international doté de nouvelles règles au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Le franc des colonies devient en 1958 le franc de la Communauté française d’Afrique au moment où le général de Gaulle propose la formule de «la communauté» aux colonies d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale.

La Guinée sous Sékou Touré est la seule qui rejette l’offre, demande et obtient l’indépendance immédiate du pays en octobre 1958, près de deux ans avant toutes les autres. La Guinée sort de la zone franc en 1960, crée sa propre banque centrale chargée de frapper le franc guinéen*.

Après la création du «nouveau franc Français» en décembre 1958, la parité est fixée à 1 franc français pour 50 FCFA.

Cette parité fixe ne bougera pas pendant 36 ans, jusqu’à la dévaluation du franc CFA le 12 janvier 1994 qui fut un choc retentissant pour les usagers de la monnaie. En une nuit, la monnaie perdait la moitié de sa valeur extérieure, 1 FF valant désormais 100 FCFA. La valse des étiquettes des produits importés dans les supermarchés des capitales de tous les pays de la zone reste dans les mémoires.

Le passage de la France à l’euro le 1er janvier 1999 ne change rien à la parité qui s’ajuste automatiquement : un euro vaut 6,55957 francs français donc 655,957 FCFA.

Deux francs CFA d’égale valeur extérieure coexistent en Afrique : le franc de la communauté financière africaine qui a cours dans les pays membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et le franc de la coopération financière en Afrique centrale qui circule dans les pays membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).

Basée à Dakar (Sénégal), la banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) bat le franc CFA de la zone UEMOA tandis que la Banque des États d’Afrique centrale (BEAC) établie à Yaoundé (Cameroun) se charge du franc CFA de la zone CEMAC. Les deux instituts d’émission sont régis par des accords de coopération avec le gouvernement français.

Perpétuation du pacte colonial et instrument de domination ?


Comme tous les symboles du passé colonial qui ont survécu longtemps après la proclamation des indépendances, ce lien monétaire franco-africain fait l’objet de controverses et de positions parfois très tranchées.
Le siège de la BCEAO est à Dakar (Sénégal). Le siège de la BEAC à Yaoundé Cameroun). Le franc comorien est émis par la Banque centrale des Comores. À noter : le franc djiboutien est arrimé au dollar.
22/10/2010 - Anniversaire des indépendances africaines
S’opposent d’une part ceux qui mettent en avant la contribution essentielle du franc CFA à l’intégration des économies de 15 pays africains, les avantages d’une monnaie stable garantie par un pays important sur la scène économique mondiale et désormais arrimée à la solide monnaie commune européenne, et d’autre part ceux qui y voient le symbole de l’absence d’indépendance monétaire et économique des anciennes colonies africaines.

Les pourfendeurs du franc CFA dénoncent la perpétuation du pacte colonial et l’utilisation de cette monnaie comme un instrument discret et puissant du maintien de la domination économique de la France dans son ancien pré carré. Au cœur des critiques se trouve la règle qui impose à chacune des banques centrales de déposer 50 % de leurs réserves de change – 65 % jusqu’en 2005-, dans un compte d’opérations ouvert au Trésor français. Cette obligation est la contrepartie de la garantie de convertibilité illimitée du FCFA accordée par la France. De là à affirmer que les réserves des pays africains de la zone franc «enrichissent la France», c’est un pas que n’hésitent pas à franchir les commentateurs les plus virulents. Tout en reconnaissant la réduction de la marge de manœuvre de la banque centrale induite par le mécanisme du compte d’opérations, un économiste de la BCEAO à Dakar rappelle que toutes les banques centrales du monde placent des réserves sur des places étrangères et que la capacité interne de la BCEAO par exemple à opérer des placements financiers complexes est limitée.

La place de la France dans le dispositif institutionnel des deux banques centrales est un autre sujet de discussion. Le processus d’africanisation des instituts d’émission engagé dans les années 1970 n’a pas mis fin à la présence de représentants de l’État français au sein de leurs conseils d’administration.

Avant une réforme institutionnelle de la BCEAO en avril 2010, la plus importante depuis des décennies, deux représentants de la France siégeaient dans le Conseil d’administration de la banque sur un total de 16 membres. Moins connu, le directeur local de l’Agence française du développement (AFD) était membre du comité national du crédit, organe qui délibère dans chaque État membre sur la distribution du crédit et le volume de l'émission. La politique monétaire de la zone était cependant déterminée par le Conseil des ministres de l’Économie et des Finances des États membres, sans intervention a priori de la France.

La réforme de 2010 discutée pendant des années, a renforcé l’indépendance de la BCEAO à l’égard de la France. Il n’y a plus de représentant français au sein des nouveaux conseils nationaux de crédit, mais il y aura toujours un représentant de la France au conseil d’administration et un représentant également au comité de politique monétaire, le nouvel organe décisionnel en matière de politique monétaire dans la zone qui se réunit tous les trimestres. Si on fait remarquer au sein de la banque à Dakar que les représentants de la France n’ont qu’une voix aux côtés des représentants des 8 États ouest-africains membres au sein du conseil et du comité, et qu’on salue l’esprit de la récente réforme, beaucoup estiment qu’elle aurait dû aller plus loin. Et que, par exemple, la présence de la France au sein du comité de politique monétaire n’est pas nécessaire, sauf peut-être lors des réunions extraordinaires convoquées en cas de risque de crise monétaire.

Dossier spécial 50 ans des indépendances africaines
© J-B. Pellerin
Les principes fondamentaux de la gestion du franc CFA qui a survécu à toutes les crises économiques, politiques et sociales dans les pays africains membres en cinquante ans, mais également à la mort du franc français, son étalon historique, semblent éternels. À moins que le projet de création d’une monnaie unique en Afrique de l’Ouest à l’horizon 2018 et le grand dessein d’une union monétaire à l’échelle de tout le continent africain qui figure dans les plans ambitieux de l’Union africaine ne deviennent plus crédibles qu’ils ne l’ont jusque-là été.
                                                                                           
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* (écouter le très intéressant entretien avec le professeur Ousmane Kaba, économiste et fondateur de l'université Kofi Annan à Conakry, Les Grands Interviewes universitaires -7 épisodes- sur l'histoire du franc guinéen et du franc CFA, réalisé par Kofi FM).

Le franc CFA, révélateur discret de l’ambiguïté des indépendances africaines

 
Côte d'Ivoire.
Côte d'Ivoire.
© Issouf Sanogo/AFP
Par Gilles Yabi
Ce que les chefs d’État africains invités au défilé du 14 juillet dernier auquel ont participé leurs armées nationales – à l’exception de la Côte d’Ivoire boudeuse-, avaient en commun, c’est la langue officielle de leurs pays héritée du colonisateur – le français – et une monnaie, le franc CFA, solidement arrimé à l’euro à travers le défunt franc français. 


Si la question de la survivance de la zone franc cinquante ans après les indépendances est la grande oubliée des débats franco-africains, c’est qu’elle peut être très vite gênante, parce qu’emblématique de l’hésitation permanente des autorités politiques de ces pays africains entre affirmation pleine de leur indépendance économique et besoin de continuer à se placer sous le parapluie protecteur de l’ancienne puissance coloniale par manque de confiance en leurs propres capacités à gérer l'adversité économique et monétaire.
L’entrée d’une ex-colonie espagnole, la Guinée équatoriale en 1985, puis celle de la Guinée-Bissau ex-portugaise en 1997 dans le club du franc CFA n’ont pas altéré l’association dans les esprits entre franc CFA et influence française.

Une zone franc, deux francs CFA et deux banques centrales

Le franc des colonies françaises d’Afrique est né le 26 décembre 1945, le jour où la France ratifie les accords de Bretton Woods dont l’objectif est de créer un ordre monétaire international doté de nouvelles règles au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Le franc des colonies devient en 1958 le franc de la Communauté française d’Afrique au moment où le général de Gaulle propose la formule de «la communauté» aux colonies d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale.

La Guinée sous Sékou Touré est la seule qui rejette l’offre, demande et obtient l’indépendance immédiate du pays en octobre 1958, près de deux ans avant toutes les autres. La Guinée sort de la zone franc en 1960, crée sa propre banque centrale chargée de frapper le franc guinéen*.

Après la création du «nouveau franc Français» en décembre 1958, la parité est fixée à 1 franc français pour 50 FCFA.

Cette parité fixe ne bougera pas pendant 36 ans, jusqu’à la dévaluation du franc CFA le 12 janvier 1994 qui fut un choc retentissant pour les usagers de la monnaie. En une nuit, la monnaie perdait la moitié de sa valeur extérieure, 1 FF valant désormais 100 FCFA. La valse des étiquettes des produits importés dans les supermarchés des capitales de tous les pays de la zone reste dans les mémoires.

Le passage de la France à l’euro le 1er janvier 1999 ne change rien à la parité qui s’ajuste automatiquement : un euro vaut 6,55957 francs français donc 655,957 FCFA.

Deux francs CFA d’égale valeur extérieure coexistent en Afrique : le franc de la communauté financière africaine qui a cours dans les pays membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et le franc de la coopération financière en Afrique centrale qui circule dans les pays membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).

Basée à Dakar (Sénégal), la banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) bat le franc CFA de la zone UEMOA tandis que la Banque des États d’Afrique centrale (BEAC) établie à Yaoundé (Cameroun) se charge du franc CFA de la zone CEMAC. Les deux instituts d’émission sont régis par des accords de coopération avec le gouvernement français.

Perpétuation du pacte colonial et instrument de domination ?


Comme tous les symboles du passé colonial qui ont survécu longtemps après la proclamation des indépendances, ce lien monétaire franco-africain fait l’objet de controverses et de positions parfois très tranchées.
Le siège de la BCEAO est à Dakar (Sénégal). Le siège de la BEAC à Yaoundé Cameroun). Le franc comorien est émis par la Banque centrale des Comores. À noter : le franc djiboutien est arrimé au dollar.
22/10/2010 - Anniversaire des indépendances africaines
S’opposent d’une part ceux qui mettent en avant la contribution essentielle du franc CFA à l’intégration des économies de 15 pays africains, les avantages d’une monnaie stable garantie par un pays important sur la scène économique mondiale et désormais arrimée à la solide monnaie commune européenne, et d’autre part ceux qui y voient le symbole de l’absence d’indépendance monétaire et économique des anciennes colonies africaines.

Les pourfendeurs du franc CFA dénoncent la perpétuation du pacte colonial et l’utilisation de cette monnaie comme un instrument discret et puissant du maintien de la domination économique de la France dans son ancien pré carré. Au cœur des critiques se trouve la règle qui impose à chacune des banques centrales de déposer 50 % de leurs réserves de change – 65 % jusqu’en 2005-, dans un compte d’opérations ouvert au Trésor français. Cette obligation est la contrepartie de la garantie de convertibilité illimitée du FCFA accordée par la France. De là à affirmer que les réserves des pays africains de la zone franc «enrichissent la France», c’est un pas que n’hésitent pas à franchir les commentateurs les plus virulents. Tout en reconnaissant la réduction de la marge de manœuvre de la banque centrale induite par le mécanisme du compte d’opérations, un économiste de la BCEAO à Dakar rappelle que toutes les banques centrales du monde placent des réserves sur des places étrangères et que la capacité interne de la BCEAO par exemple à opérer des placements financiers complexes est limitée.

La place de la France dans le dispositif institutionnel des deux banques centrales est un autre sujet de discussion. Le processus d’africanisation des instituts d’émission engagé dans les années 1970 n’a pas mis fin à la présence de représentants de l’État français au sein de leurs conseils d’administration.

Avant une réforme institutionnelle de la BCEAO en avril 2010, la plus importante depuis des décennies, deux représentants de la France siégeaient dans le Conseil d’administration de la banque sur un total de 16 membres. Moins connu, le directeur local de l’Agence française du développement (AFD) était membre du comité national du crédit, organe qui délibère dans chaque État membre sur la distribution du crédit et le volume de l'émission. La politique monétaire de la zone était cependant déterminée par le Conseil des ministres de l’Économie et des Finances des États membres, sans intervention a priori de la France.

La réforme de 2010 discutée pendant des années, a renforcé l’indépendance de la BCEAO à l’égard de la France. Il n’y a plus de représentant français au sein des nouveaux conseils nationaux de crédit, mais il y aura toujours un représentant de la France au conseil d’administration et un représentant également au comité de politique monétaire, le nouvel organe décisionnel en matière de politique monétaire dans la zone qui se réunit tous les trimestres. Si on fait remarquer au sein de la banque à Dakar que les représentants de la France n’ont qu’une voix aux côtés des représentants des 8 États ouest-africains membres au sein du conseil et du comité, et qu’on salue l’esprit de la récente réforme, beaucoup estiment qu’elle aurait dû aller plus loin. Et que, par exemple, la présence de la France au sein du comité de politique monétaire n’est pas nécessaire, sauf peut-être lors des réunions extraordinaires convoquées en cas de risque de crise monétaire.

Dossier spécial 50 ans des indépendances africaines
© J-B. Pellerin
Les principes fondamentaux de la gestion du franc CFA qui a survécu à toutes les crises économiques, politiques et sociales dans les pays africains membres en cinquante ans, mais également à la mort du franc français, son étalon historique, semblent éternels. À moins que le projet de création d’une monnaie unique en Afrique de l’Ouest à l’horizon 2018 et le grand dessein d’une union monétaire à l’échelle de tout le continent africain qui figure dans les plans ambitieux de l’Union africaine ne deviennent plus crédibles qu’ils ne l’ont jusque-là été.
                                                                                           
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* (écouter le très intéressant entretien avec le professeur Ousmane Kaba, économiste et fondateur de l'université Kofi Annan à Conakry, Les Grands Interviewes universitaires -7 épisodes- sur l'histoire du franc guinéen et du franc CFA, réalisé par Kofi FM).

lundi 25 octobre 2010

Le spectre d’une guerre des monnaies écarté après un accord des pays du G20
Cette photo de groupe montre les chefs d'Etat et de gouvernement des pays membres du G20 réunis à Gyeongju, le 22 octobre 2010.
Cette photo de groupe montre les chefs d'Etat et de gouvernement des pays membres du G20 réunis à Gyeongju, le 22 octobre 2010.
REUTERS/Jo Yong-Hak
Par RFI
 
Les ministres des Finances du G20 était réunis ces derniers jours en Corée du Sud, dans la ville de Gyeongju avec comme objectif de préparer le sommet du G20 qui doit avoir lieu en novembre 2010. Après deux jours de débat, ils sont parvenus, samedi 23 octobre 2010, à un accord pour réduire les déséquilibres commerciaux et éviter ce que l’on qualifie de « guerre des monnaies ». Les grands argentiers de la planète ont appelé à des systèmes de taux de change « davantage déterminés par le marché » et « à résister à toutes les formes de mesures protectionnistes ».
Christine Lagarde
Ministre française de l'Économie et des Finances
On est en train de se doter d’un instrument et d’une entité véritablement efficaces…
 

23/10/2010 par Frédéric Ojardias
Christine Lagarde
Ministre française de l'Économie et des Finances
On est en train de se doter d’un instrument et d’une entité véritablement efficaces…









Selon les termes du communiqué final, pays riches et pays émergents ont convenu de s'abstenir d'intervenir pour dévaluer leurs devises. Les ministres des Finances et les responsables des banques centrales, réunis à Séoul pour préparer le sommet du G20 les 11 et 12 novembre 2010, rappellent que la reprise économique se poursuit mais de façon fragile et inégale. Et que dans un système financier globalisé, il est nécessaire d'adopter des réponses coordonnées.
On en restera toutefois aux déclarations d'intentions, car aucun objectif chiffré ni aucun calendrier n'a été adopté. Les Allemands et les Chinois, gros exportateurs, n'en voulaient pas.
Au moment ou les Etats-Unis accusent la Chine de maintenir le yuan a un taux artificiellement bas, les récentes interventions de plusieurs banques centrales pour empêcher la hausse de leur monnaie face au dollar ont fait resurgir le spectre d'une spirale de dévaluations « compétitives » et le retour du protectionnisme.
A l'issue des débats, le ministre américain des Finances Timothy Geithner a assuré être en faveur d'un « dollar fort » et a demandé une « appréciation graduelle » des monnaies des pays à fort excédent commercial. Il doit ensuite se rendre dimanche en Chine.
 

vendredi 22 octobre 2010

L’Afrique espère bénéficier du niveau historique des cours du coton

Matières premières / Coton - 
Article publié le : lundi 18 octobre 2010 - Dernière modification le : lundi 18 octobre 2010


Le cours du coton défie la crise, il ne cesse de croître depuis plus d'un an.
Le cours du coton défie la crise, il ne cesse de croître depuis plus d'un an.
Issouf Sanogo/AFP
Par Jean-Pierre Boris


Les cours du coton ont atteint vendredi 15 octobre leur plus haut niveau depuis 140 ans sur la bourse des matières premières de New York. Pour une livraison au mois de décembre, la livre valait près de un dollar vingt. Les producteurs africains espèrent renflouer leurs filières.
Pour Celestin Tiendrebeogo, le directeur général de la Sofitex, la compagnie cotonnière burkinabé, le niveau record des cours du coton est une excellente nouvelle. « Nous allons pouvoir remettre à flots nos société cotonnières » Jamais, les professionnels du coton n’avaient en effet assisté à une telle flambée des cours. En un mois, ceux-ci ont progressé de 30%. Sur les douze derniers mois, la progression est de 75%.

Une spirale haussière généralisée
Cette envolée s’explique par la diminution des stocks mondiaux, elle-même conséquence d’une forte demande chinoise. La Chine, premier producteur mondial de coton, a enregistré de mauvaises récoltes, tout comme l’Inde et le Pakistan. Même l’Ouzbekistan, troisième exportateur mondial, a été obligé de plafonner ses ventes à l’étranger pour pouvoir alimenter ses propres filatures. Ipso facto, le niveau élevé des besoins chinois, 200 000 tonnes d’importations ont propulsé les cours de la fibre de coton à des niveaux sans précédents. L’explosion des cours du coton s’inscrit dans la spirale ascendante du cours des matières premières agricoles. Depuis le début de l’année 2O1O, le blé, le maïs, le caoutchouc ont atteint des pics. La spéculation n’explique pas tout. La reprise des économies asiatiques qui ont des besoins croissants, les phénomènes météorologiques comme le courant « la Nina » qui réduisent les niveaux de récolte font évoluer demande et offre dans des directions opposées. Le coton est dans la même situation.

L’Afrique francophone espère donc bien tirer son épingle du jeu. Alors qu’il y a six ans, les cotonculteurs du Mali, du Burkina-Faso, du Bénin, de Côte d’Ivoire, du Sénégal et du Tchad produisaient globalement 1,1 million de tonnes de fibres, la chute des cours mondiaux a réduit de moitié leur récolte annuelle. Les sociétés cotonnières chargées de distribuer les intrants, de récolter et de payer le coton fibre aux petits paysans ont vu leurs comptes plonger dans le rouge et accumuler les déficits. Malgré les subventions dont elles bénéficiaient, elles ont été obligées de réduire les prix payés aux paysans qui ont donc été contraints de délaisser cette culture qui contribuait à les ruiner.

Les petits paysans devront attendre
A l’instar de Celestin Tiendrebeogo, le Directeur Général de la Sofitex, on peut donc tabler sur un rétablissement des sociétés cotonnières ouest-africaines. Mais le consultant spécialisé Gérald Estur met un bémol : « Il faudra quand même plusieurs années avant de renflouer ces comptabilités » affirme-t-il. Pour la plupart, les sociétés cotonnières ont en effet vendu leurs récoltes à l’avance, avant que ces plus hauts niveaux historiques ne soient atteints. Les cours étaient déjà élevés, mais pas autant que le vendredi 15 octobre dernier. Pour les paysans aussi, il faudra attendre quelques mois avant d’empocher les bénéfices de la hausse. Au Burkina-Faso, le prix d’achat aux paysans est en effet fixé à l’avance par l’interprofession sur la base d’une moyenne annuelle. Ce n’est donc qu’au mois de mai prochain qu’une ristourne rétroactive leur sera distribuée. Impossible de savoir pour l’instant s’ils auront d’ici là décidé d’augmenter leurs semis en conséquence.

L'adresse la plus chère du monde est à Londres

L'adresse la plus chère du monde est à Londres


Par Valentine Piedelièvre
13/08/2010 | Mise à jour : 17:18

100.000.000 de livres sterling, c'est le prix a payer pour être le propriétaire de l'appartement le plus cher du monde. Pour ce prix là, une vue exceptionnelle sur le parc, un système ultra-perfectionné de purification d'air, des murs et vitres blindés et une panic room.

La capitale britannique est définitivement le lieu de tous les paradoxes. Alors que les Anglais sont mis au pain sec par leur nouveau gouvernement, un appartement londonien s'est vendu cette semaine pour la «modique» somme de 170 millions d'euros. Ce «penthouse» de deux étages est situé au dernier étage du One Hyde Park, un tout nouveau complexe résidentiel ultraluxe construit par le promoteur britannique Candy & Candy dans le quartier de Knightsbridge. À plus de 70.000 euros le m2, c'est vraisemblablement l'appartement le plus cher au monde. Outre six chambres et une magnifique vue sur le parc, il bénéficie de vitres à l'épreuve des balles, d'une pièce fortifiée secrète en cas d'attaques, d'agents de sécurité entraînés par les forces spéciales britanniques et du room service d'un hôtel cinq étoiles voisin.

«Le prix est gigantesque mais ce n'est pas une surprise. Dans les six derniers mois, nous avons vendu plus de propriétés uniques comme celle-ci que dans les deux dernières années», explique Trevor Abrahamson, agent immobilier chez Glentree Estates. L'identité de l'heureux acquéreur reste un mystère. Selon le quotidien britannique, le Telegraph, il pourrait être originaire du Moyen-Orient ou du Nigeria.

Pourquoi les banques cherchent à placer des produits non bancaires ?

Ebranlées par la crise financière de 2009, les banques cherchent plus que jamais à s'assurer des revenus réguliers et sûrs. Equiper les particuliers de produits et services bancaires ne suffit plus. Pour séduire de nouveaux clients ou retenir le plus longtemps possible les anciens, les établissements bancaires se sont d'abord mis à vendre des produits d'assurance. Ce fut leur leitmotiv dans les années 90 et 2000. Puis certains d'entre eux ont choisi de vendre des appartements comme par exemple les Caisses d'épargne via les réseaux Century 21 et Guy Hoquet.
Ces offres s'avèrent tout aussi intéressantes qu'auprès des acteurs historiques des secteurs auxquels les banques s'attaquent
Désormais les nouveaux services qui vous sont proposés tendent de plus en plus à s'écarter des produits financiers ou patrimoniaux en tant que tels. Ce qui n'était qu'une réflexion au milieu des années 2 000 est devenu un axe de développement stratégique. Aujourd'hui, de nombreux services dits "pratiques", utiles à la vie courante, voient le jour. Les plus visibles en agence sont ceux labellisés "services à la personne" mais il y en a bien d'autres. Et ils varient d'un réseau à un autre.
De plus en plus, ces offres s'avèrent tout aussi intéressantes que celles des acteurs historiques des secteurs auxquels les banques s'attaquent. L'agence bancaire devient de plus en plus un magasin multiservices... Derrière, les banques cherchent à calquer le modèle des guichets de La Poste : faire venir le client le plus souvent possible en agence. D'autant qu'elles en ont beaucoup ouverte en centre-ville ces dix dernières années. Mais elles partent de loin : un client voit son conseiller bancaire en moyenne une fois par an...

Partir plus tôt en retraite nuit à la santé

  • Le Figaro le 12/10/2010 à 18:33

  • Une étude publiée récemment montre que les ouvriers profitant de mesures de retraite anticipée ont plus de chance de mourir avant 67 ans. Partir plus tôt en retraite ne permet pas forcément aux ouvriers d'en profiter plus longtemps. Au contraire, un rapport publié par l'Institut allemand pour l'étude du travail, montre que cela augmente les chances de mourir prématurément.

    Les auteurs , Andreas Kuhn, Jean-Philippe Wuellrich et Josef Zweimüller, tous trois issus de l'Université de Zurich, se sont servis d'un changement de politique de départ à la retraite en Autriche pour analyser les effets d'un départ anticipé sur la santé. A la fin des années 1980, la crise de l'acier a contraint le gouvernement autrichien à mettre en place un dispositif permettant aux ouvriers, dans certaines régions, de partir à la retraite à 55 ans au lieu de 58 pour les hommes, et à 50 ans au lieu de 55 pour les femmes.

    En comparant la mortalité dans les régions concernées par cette réforme et celle qui ne l'étaient pas, les chercheurs ont conclu que pour les hommes, partir à la retraite un an plus tôt augmente de 13,4% les chances de mourir avant 67 ans. Un pourcentage qui, pour les auteurs de l'étude, est «non seulement statistiquement significatif, mais aussi quantitativement important». Pour les femmes, en revanche, un départ à la retraite anticipé n'a aucun effet sur l'âge du décès.

    La fin de la routine
    Les trois universitaires se sont penchés sur les causes possibles d'une telle hécatombe. Ils ont éliminé le problème d'accès au soin pour les retraités, puisque l'Autriche dispose d'une couverture maladie universelle à laquelle les retraités ont accès au même titre que les salariés. Ce n'est pas non plus un problème d'argent. Les pertes de revenus liées à une anticipation de la retraite ne sont pas significatives.

    Finalement, en étudiant les causes de décès des ouvriers masculins, ils ont découverts que 65% d'entres eux mourraient de maladies cardio-vasculaires ou de cancers. Ils en déduisent que la fin de la routine du travail et de l'activité physique quotidienne entraîne une mort prématurée, d'autant plus si l'ouvrier a été forcé par son employeurà prendre sa retraite anticipée. A l'inactivité s'ajoute alors la dépression.

    Les femmes «s'adaptent mieux à la retraite et qui, à cause de la répartition traditionnelle des rôles, sont plus actives car plus impliquées dans les tâches ménagères». Elles peuvent partir plus tôt à la retraite sans craindre de voir celle-ci écourtée par la maladie ou la mort.

    On l'aura donc compris, une retraite précoce peut entraîner, pour les hommes ouvriers, une mort toute aussi précoce. Ce que l'étude ne dit pas, en revanche, c'est si travailler au-delà de l'âge légal permet de vivre plus longtemps.
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    Les ministres des Finances du G20 tentent d'apaiser les tensions autour des taux de change

     
    Les ministres des Finances du G20 tentent d'apaiser les tensions autour des taux de change
    Les ministres des Finances des pays du G20 sont réunis à Gyeongju pour tenter d'apaiser les tensions liées aux taux de change. Le secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner a, pour sa part, proposé des règles "équitables" pour les changes.
     
    Par Dépêche (texte)
     
    AFP - Les ministres des Finances du G7 se sont réunis vendredi à Gyeongju, en Corée du Sud, avant une réunion du G20 destinée à apaiser les tensions autour de la question des taux de change, a indiqué un responsable officiel.

    "La réunion du G7 a commencé", a déclaré ce responsable sous couvert de l'anonymat.
    Les ministres des Finances et les banquiers centraux des pays du G20 doivent évaluer à partir de 06H45 GMT la situation de l'économie mondiale et étudier les moyens de poursuivre la réforme du système financier, avec la volonté affichée de trouver un apaisement dans la "guerre des monnaies".
    Leur état des lieux de l'économie mondiale servira à préparer le sommet des chefs d'Etat du G20 des 11 et 12 novembre à Séoul.

    Le G7 regroupe les Etats-Unis, le Japon, l'Allemagne, la France, la Grande-Bretagne, l'Italie et le Canada tandis que le G20 comprend aussi la Chine, l'Inde, le Brésil et la Russie, entre autres.
    Un projet de déclaration finale suggère que les pays riches et émergents du G20 s'engagent à "s'abstenir de toute dévaluation compétitive", selon l'agence d'informations économiques Dow Jones. Cette stratégie de dévaluation consiste à manipuler le cours de sa monnaie pour stimuler son économie en faisant fi de la coopération internationale.

    Le G20 "va se diriger vers un système de taux de changes davantage déterminés par le marché", dit le projet de communiqué.

    La Chine, qui n'est pas nommément désignée, est de plus en plus pressée par ses partenaires commerciaux, Etats-Unis en tête, de laisser s'apprécier sa monnaie par rapport au dollar, plus rapidement qu'elle ne le fait.
    Le secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner a pour sa part appelé jeudi ses homologues du G20 à "rééquilibrer" l'économie mondiale en tenant moins compte de la consommation américaine, annonçant dans une interview au Wall Street Jounal qu'il proposera des règles "équitables" pour les changes.

    "Il y a un accord au sein du G7 pour la plus grande stabilité possible sur le marché des changes : les taux de change doivent refléter la situation fondamentale des économies et il faut éviter la volatilité excessive et les mouvements désordonnés", a affirmé de son côté le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, sur le site internet du quotidien français Les Echos.

    Le vice-ministre sud-coréen des Finances, Yim Jong-Yong, a affirmé qu'un accord pouvait être trouvé à Gyeongju au sein du G20. "La Chine fait des efforts, par exemple en relevant ses taux d'intérêt. Ils savent que ce combat (sur les monnaies) nuira in fine à toutes les parties et conduira au protectionnisme. Je pense donc qu'un accord sera trouvé sur cette question".

    Le ministre brésilien des Finances, Guido Mantega, le premier à avoir parlé fin septembre de "guerre des monnaies", n'est pas présent à Gyeongju.

    jeudi 21 octobre 2010

    ZONE CEMAC : LES PRINCIPES GENERAUX DE FONCTIONNEMENT DU MARCHE MONETAIRE


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    LES FINANCES - Développements
    Écrit par Martial David TCHIO   
    Jeudi, 07 Octobre 2010 14:42

    La politique monétaire consiste à mettre à la disposition de l'économie des moyens de paiement en quantité nécessaire et suffisante pour favoriser la croissance et le plein emploi, dans la stabilité des prix et tout en veillant à la parité externe de la monnaie.
     
     
     

    La BEAC, dont la mission est d'assurer la mise à la disposition de l'économie des moyens de paiement, utilise le canal du Marché Monétaire pour réguler la liquidité bancaire. Le Marché Monétaire se défini comme le lieu immatériel où s'échangent les liquidités entre demandeurs et offreurs de capitaux à court terme.

    Dans le fonctionnement du Marché Monétaire, la BEAC joue un double rôle qui consiste simultanément à injecter et à ponctionner les liquidités, conformément aux objectifs de la politique monétaire définie par son Conseil d’Administration.

    Le marché monétaire de la Zone BEAC a démarré ses activités en juillet 1994 et son fonctionnement a été progressivement réaménagé afin de rendre l'action de la Banque Centrale plus efficace, tant en ce qui concerne les injections que les ponctions de liquidités.

    Le système de refinancement de la BEAC est organisé à deux niveaux :


    -le niveau 1 correspond au compartiment interbancaire. Le marché interbancaire est un compartiment spécifique du marché monétaire sur lequel un nombre limité d'intervenants échangent entre eux des liquidités en compte à la Banque Centrale, à des conditions de montant (en millions de francs CFA), de taux, de durée et éventuellement de garantie librement débattues sans l'interférence de l'Institut d'Emission. Ce compartiment a une vocation nationale mais les participants sont libres d'effectuer des prêts transnationaux à l'intérieur de la Zone d'Emission. Les taux sur le Marché Interbancaire s'établissent à des conditions librement négociées, suivant la loi de l'offre et de la demande. Le Taux Interbancaire Moyen Pondéré ou TIMP) est calculé chaque jour par la Banque Centrale, pour les différentes durées des opérations.

    - le niveau 2 se rapporte aux interventions de la BEAC effectuées à travers deux guichets (A et B), en faveur des établissements de crédit éligibles.  Compte tenu des orientations de politique monétaire et de crédit d'une part, et de l'évolution des facteurs de la liquidité bancaire d'autre part, la BEAC peut être amenée à intervenir pour refinancer le système bancaire. L'accès aux guichets de la Banque Centrale dans le cadre du marché monétaire est réservé aux établissements de crédit éligibles (pour les avances) et à ces mêmes établissements plus certains organismes financiers (pour les placements).

    S'agissant des interventions proprement dites, les concours de la Banque Centrale aux établissements de crédit empruntent deux canaux : le guichet A ou canal principal et le guichet B ou canal spécial institué pour tenir compte des crédits à moyen terme irrévocables (anciens et nouveaux) et des avances assimilées.

    Le Guichet A correspond à la sphère du Marché Monétaire où sont traitées toutes les opérations d'injections (opérations sur crédits à court terme et opérations sur crédits à moyen terme révocables) ainsi que les opérations de reprise de liquidités. Ces interventions se font sous formes d'opérations sur appel d'offres à l'initiative de la Banque Centrale et de prises en pension de 2 à 7 jours à l'initiative des établissements de crédit. Si la BEAC peut injecter de la liquidité quant elle le juge nécessaire, elle peut aussi en retirer pour les besoins de la politique monétaire, en offrant aux établissements de crédit, qui ne portent aucun engagement sur elle, la possibilité de souscrire aux certificats de placement (ou bons Banque Centrale), dans le cadre des appels d'offres négatifs.

    Le Guichet B, en raison du caractère irrévocable des crédits qui y sont mobilisés (la BEAC ne peut revenir sur les conditions de taux, de durée ou de refinancement), se caractérise par une multitude de taux d'intérêt.

    Depuis l'entrée en vigueur du Marché Monétaire, le 1er juillet 1994, les interventions de la Banque Centrale tiennent compte de l'Objectif de Refinancement de chaque pays membre, arrêté par les Autorités Monétaires à la faveur d'un exercice de programmation monétaire qui s'effectue annuellement. Les objectifs monétaires et de crédit, arrêtés à cette occasion pour l’année à venir, sont révisables semestriellement.
    L'Objectif de Refinancement est spécifique à chaque pays et désigne le potentiel de refinancement que l'Institut d'Emission est susceptible d’accorder aux établissements de crédit d’un Etat, sans remettre en cause les grands équilibres macro-économiques. En principe, les avances de la BEAC au titre des Guichets  "A" et "B" cessent dès lors que leur montant cumulé atteint l’Objectif de Refinancement, au-delà duquel les concours de l’Institut d’Emission prennent la forme des interventions ponctuelles d’une durée maximale de 48 heures.
    Sources : BEAC, www.beac.int

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